mardi 30 janvier 2024

Louisa Danchin, compositrice (1822-1908)

portrait probable de Louise Danchin
collection personnelle

Tout commence à la braderie de Lille, la découverte d'un album de partitions déreliées, avec des illustrations intercalées signées Boldoduc et lithographiées par Jean Louis Simon à Cambrai. La page de titre est manquante, pas de nom de compositeur, un tampon "Scrive-Loyer" et les dédicaces qui me renvoient aussi vers Lille. Un contact avec la Médiathèque de Cambrai n'a pu me donner les informations sur ce compositeur. 


Puis, plusieurs années plus tard, je vois sur un site d'enchère le même recueil, mais avec la page de titre et le nom du compositeur qui est une compositrice : Louisa Danchin !


Louise Françoise, dite Louisa, Danchin est la fille de Charles (1788-1845) chapelier cambraisien et Flore Degland (1791-1878). Elle est née à Cambrai, 1 rue de l'Ange, le 21 juillet 1822. Après une solide formation musicale, elle se produit pour les fêtes de Cambrai, en concert, en 1843, au même programme que M.  [Louis] Ponchard et Madame [Elisa] Iweins-d'Hennin, une artiste lyrique lilloise réputée, 1er prix du Conservatoire de Paris (1837). En octobre 1853, Le Ménestrel annonce la publication de son album : Voici ce que nous lisons textuellement dans la Gazette de Cambrai : Nous sommes heureux d'annoncer la très-prochaine publication d'un délicieux Album musical édité par Mlle Louisa Danchin, et dont le succès est infaillible. C'est un recueil de charmantes romances, choisies avec un goût exquis et dont quelques-unes, paroles et musique, sont l'oeuvre entière de Mlle Louisa. Toutes exhalent ce parfum d'innocence! que l'on aime à rencontrer dans les ouvrages de ce genre, Ce sont autant de perles d'une admirable pureté que le souffle impur des passions n'a point encore ternies. En éditant cet Album, Mlle Louisa Danchin n'a pas seulement fait une oeuvre remarquable, mais encore une bonne action dont toutes les mères apprécieront le mérite. Ainsi que L'Univers Musical du 1er décembre 1853 : Mlle Louise Danchin, professeur de chant à Cambrai artiste fort connue et généralement estimée dans le cercle musical du Nord, vient de composer un recueil de trois [sic] jolies mélodies, sur des paroles choisies, pour être offertes aux jeunes personnes, parmi lesquelles nous avons remarqué Fleur du Souvenir (par M. de Millevoye), Amed Jigi (par M. Feret) A six ans, etc., etc. Mlle Danchin a placé son œuvre sous le patronage de nos chanteurs les plus aimés. Ce sont Géraldy, Mme Iweins d’Hennin, M. et Mme Arnold-Daniel, qui ont bien voulu prêter le concours de leur beau talent au jeune compositeur. On souscrit pour cet album, à Paris, chez Benoit aîné. Tout comme Le Constitutionnel du 28 décembre 1853 : Parmi les nombreuses productions musicales que le jour de l’an fait éclore, nous devons une mention spéciale à l’’Album de Mlle Louisa Danchin, publié par l’éditeur Benoit, rue Melay, 40. On y trouve des mélodies touchantes et naïves, des romances animées et légères, des chants larges et dramatiques. Cet album atteste que l’auteur, Mlle Louisa Danchin, unit l’inspiration au savoir. En professeur habile, Mlle Danchin a su rester dans les limites les plus favorables à la voix humaine, de telle sorte que ses compositions, bien que pleines d’effet, sont faciles à chanter et à retenir. Ajoutons enfin que le choix sévère qui a présidé aux paroles, leur ouvre les salons de la meilleure compagnie et les établissemens d’éducation. Un succès légitime est assuré à l’album de Mlle Danchin.
L'unanimité de la critique augure une carrière prometteuse ; mais Louisa se marie le 7 avril 1858 avec Louis Daussin, fabricant de chicorée né à Licourt (80) en 1818, veuf depuis 1 an, père de 3 enfants qui sans doute ne l'encouragera pas à continuer la pratique de son art. En 1863 la famille Daussin est domiciliée à Paris, 6 rue Oudinot, en 1866 à Clichy, 38 rue Talbot et en 1868 à Levallois-Perret. Louise exerce la profession de lingère. En 1871 toute la famille émigre aux Etats Unis, en Louisiane. En 1872 Laure Irma, fille du 1er mariage de Louis Daussin, épouse Léon Vogt à la Nouvelle Orléans. La famille fonde un cimetière qui rassemblera toutes les tombes, situé à Goodbee. On y trouve celle de Louis mort le 21 janvier 1894 et celle de Louisa décédée le 27 mai 1908.

Christian Declerck
30 janvier 2014

Daussin Cemetery




entre Bâton Rouge et la Nouvelle Orleans

Liste des œuvres

- A six ans, paroles et musique Louisa Danchin, à Mademoiselle Nelly Brabant (album Louisa Danchin)
- Au revoir et non pas adieu. Ham, 23 juin 1843. Paroles de M., lith. de Simon (BNF VM7-46138)
- Dieu et le roi, paroles de Mr Leveque, à M. Arnold (album Louisa Danchin)
- Les enfants de minuit. Romance. Paroles de Mme Desbordes-Valmore, Paris, Magnier, 1856 (BNF VM7-46139)
- La fleur du souvenir, paroles de Millevoye, à Mlle Marie de Lafons de Laplesnoye (album Louisa Danchin)
- Hamed, sa mère et sa patrie, paroles de Mr G. Feret, à Mme Iweins-D’Henin (album Louisa Danchin)
- Hommage à S. M. l'Empereur Napoléon III. Paroles et musique de Mlle Louisa Dauchin [sic]. Lille 1853, lith. Simon, Cambrai (BNF A 7214)
- Ivline et son serin, paroles de Mr Feret, à Mme Henri-Loyer (album Louisa Danchin)
- Jigie, paroles de Mr Feret, à Mlle Angélique Flavigny (album Louisa Danchin)
- La petite fille du garde. Chansonnette. Paroles de Mr G. Feret, Paris, Benoit aîné 1854 (BNF VM7 46140)
- Les plus beaux jours, paroles et musique Louisa Danchin, à Mme Arnold-Danièle (album Louisa Danchin)
- Le regard, paroles et musique Louisa Danchin, à M. Géraldy (album Louisa Danchin) [portrait de Louisa Danchin ?]
- Le vœu du retour. Souvenir de la Martinique. Paroles de Mr G. Feret, Paris Benoit aîné, 1854 (BNF VM7 46141)



collection personnelle

Casimir Faucompré (1825-1899) et Alexandre Desrousseaux (1820-1892) dédient leur romance Regrets, publiée en 1855, à Louisa Danchin.

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