mardi 22 janvier 2019

Sylvie St Clair

mise à jour le 3 mai 2018, annonce du décès de Bob Dorough et ajout d'une video
mise à jour le 22 janvier 2019, ajout d'une copie d'un traduction du Bel Indifférent de Jean Coteau




vers 1938, collection personnelle


Une Dunkerquoise
Nelly Chauveau est née le 14 avril 1913 rue de la Marine où son père a transféré le magasin de cycles (il est agent de la marque Alcyon) qu'il avait fondé 18 rue Saint Jean trois ans plus tôt.
Sa famille est présente à Dunkerque depuis la fin du siècle précédent. Son grand-père, cantinier au 1er régiment d'artillerie, meurt à Dunkerque en 1895. Un oncle de son père était musicien à Dunkerque vers 1888, année de son mariage avec une Dunkerquoise.



Enfant, elle subit l'évacuation en 1917 qu'elle évoque dans un interview, puis la famille revient à Dunkerque ; sa sœur, Jacqueline, y est née en 1924. On sait que Nelly fait ses études au collège Lamartine, qu'elle est particulièrement douée pour le dessin, elle s'est inscrite à l'école des Beaux-Arts de la ville, et le théâtre. La famille déménage à Paris à la fin des années vingt. Nelly découvre la vie parisienne, les cabarets, les boîtes de nuit, le théâtre, elle continue ses études artistiques et devient dessinatrice, c'est la profession qu'elle déclare lors du remariage de sa mère en 1934, ses parents ont divorcé en 1931. Son père se remarie à Paris en 1936, il décède quelques mois plus tard. Les deux sœurs sont adoptées par le mari de leur mère, Emile Montel-Saint-Paul en 1939.
Mais avant ces évènements familiaux Nelly a trouvé sa vocation. Elle a réussi à pénétrer les réseaux du théâtre parisien. Un responsable du théâtre de La Madeleine lui propose d'intégrer la troupe qui se produit à bord du paquebot Normandie. Elle embarque au Hâvre le 8 mai 1936 avec une vingtaine de comédiens professionnels renommés, tel Marcel Dalio (qui vient de jouer dans le film Pépé le Moko) et Robert Trébor, le directeur du Théâtre Michel et ami de Sacha Guitry.

New York
La ville l'émerveille, elle est fascinée et refuse de retourner en France, malgré l'absence de visa d'immigration, inconsciente des risques. Ses amis du Normandie auraient demandé au consul de France de veiller sur elle. Elle trouve un engagement de trois semaines à l'Hôtel St Régis, au cabaret La Maisonnette Russe, elle y est tellement appréciée qu'elle y reste trois mois et y retourne à bord du Champlain en septembre 1936, avec un visa cette fois.
En juin 1938 elle est au Canada, elle a obtenu un engagement au Cabaret Chez Maurice, un grand cabaret de Montréal situé dans la rue Sainte Catherine, elle est au même programme que Tristan Bernard. une solide réputation l'a précédée, elle a été entendue au St Régis par un responsable de la programmation du cabaret montréalais qui l'a engagée sur le champ, sn programme se divise en deux partie, elle interprète une série de chansons françaises puis une autre de chansons anglaises. un critique nous dit qu'elle excelle dans la chanson parisienne et qu'elle obtient un franc succès avec Je voudrais en apprendre davantage, de l'opérette Normandie. En décembre 1938 elle est à Philadelphie au Cabaret Embassy.



Rainbow Grill janvier/février 1942



En 1939 elle se produit au Brevort Super Club de New York puis obtient un engagement en novembre 1941 au cabaret Rainbow Grill, annexe du Rainbow Room, salle de bal située au 65e étage du Building Rockefeler. En 1943 elle chante au cabaret Paris Qui Chante à New York. C'est à cette époque qu'elle rencontre le pilote de la RAF Bevis D. Davies qui devient son époux. En 1944 elle embarque pour Liverpool à bord de l'Axel Johnson et s'engage à Londres dans l'ENSA (Entertainments National Service Association), une association qui organise des spectacles et des concerts pour les troupes anglaises.

Londres
Dès juin 1945 elle se produit sur les ondes de la BBC, dans une production de l'ENSA. Ensuite elle est régulièrement invitée dans Variety Band Box, une émission destinée aux militaires.

Alexandra Herald and Central Otago Gazette 1946


En février 1946 c'est la sortie du film Caravan d'Arthur Crabtree, elle y tient un petit rôle aux côtés des stars du film, une servante outragée qui jure en français !



  des extraits du film



La même année elle enregistre quelques disques 78 tours pour DECCA à Londres : Ah le petit vin blanc / Take it away ; Coax me a lttle bit / C'est pas tous les jours dimanche ; No can do / I'm so all alone.

collection personnelle

Toujours à Londres elle participe au débuts de la BBC Television dans le studio de l'Alexandra Palace.

Le Front Ouvrier de Montréal
19 octobre 1946


U. S. A. / Paris / Londres / U. S. A. 
Après un bref retour en France, en mai 1947, pour des prestations dans une revue au Théâtre des Célestin à Lyon. New York l'appelle de nouveau, elle embarque à bord du Queen Elisabeth à Southampton le 27 août 1947. En novembre elle est engagée par la société DuMont, fabricant et producteur de télévision, pour animer sa propre émission, Café de Paris, sur la chaîne WABD. Son style original qui tranche avec la concurrence, ne semble pas du goût des critiques qui n'apprécient pas sa désinvolture, sa spontanéité et son humour. Néanmoins elle est The New Look in Television.

 
Radio Daily 1947 / Radio Mirror 1948



la java des matous

En 1948, elle enregistre deux chansons (La Polka des Fatigués et la Java des Matous) de Michel Emer, avec qui elle se produit sur la Riviera française au cours de l'été. L'épisode DuMont durera jusqu'en mars 1949, elle quitte la chaîne pour des raisons… financières et retourne sur la scène, en avril elle se produit à Montréal et en mai elle est invitée à chanter pour le mariage de Rita Hayworth et Aly Aga Khan à Vallauris.

Détective, 28/11/1949, collection personnelle
En novembre elle est interrogée comme témoin dans l'affaire de la rue Jean-Mermoz, le meurtre de son ami, et soupirant, Edward de Muralt, un Australien qui est tué par trois militaires. Elle a profité de sa présence en France pour trouver quelques contrats dont le Boccacio, boulevard des Capucines, à Paris. Puis elle retourne à Londres pour se produire dans la revue Latin Quarter jouée au théâtre du London Casino avec les Compagnons de la Chanson, alors au début de leur carrière.

collection personnelle


1950-1951 elle est à Londres, régulièrement invitée par la BBC Television. En 1952 elle retourne aux U. S. A. et on la retrouve à Los Angeles, à Hollywood précisément, où elle vit une relation, qualifiée de "romance torride" par la presse, avec l'écrivain français Pierre La Mure, auteur du roman Moulin Rouge dont s'inspire le film qui obtient 2 oscars en 1953.
Durant ces années 1950, on ne trouve pas de mention dans la presse d'une activité artistique publique. Seulement le dépôt de plusieurs chansons relevées dans le Catalogue des Copyrights. En 1955 sa mère décède à Nice et son père adoptif en 1957, elle hérite des terrains agricoles situés à Courtisols dans la Marne. En 1958 elle participe à un disque de musiques et chansons 1900*.



trois chansons extraites du LP La Moustache de Papa


En mars 1959 elle invitée au jeu télévisé de Groucho Marx, You bet your life. Fin 1959 elle participe au USO Tour (United Service Organizations).
Ensuite elle revient en France et joue le rôle de Caroline Reine de Naples, au théâtre de l'Ambigu, dans Madame Sans Gène, avec Jeanne Sourza dans le rôle titre. Pour développer sa carrière de comédienne elle sollicite divers auteurs, dont Jean Cocteau ; sa lettre est conservée à la Bibliothèque Historique de la ville de Paris, accompagnée d'une photo, avec au verso un CV résumé.

source : Bibliothèque historique de la Ville de Paris
/ Fonds Jean Cocteau
En 1961 sort un court métrage du cinéaste Arcady, l'Ondomane. Elle y est la partenaire du réalisateur. Ce film obtient un prix au festival de Tours en 1962. Cette année là elle enregistre aux Etats Unis un disque 33 tours de Fables de La Fontaine en anglais et en français, dont elle a fait les traductions et la musique interprétée par deux musiciens réputés, Robert "Bob" Dorough** et Al Schackman, on peut l'écouter ici. Elle anime ensuite une émission régulière destinée aux enfants sur WBAI à New York, ainsi que son émission Sylvie by Night diffusée à Philadelphie.
D'avril à juillet 1966, retour à Londres, à la BBC Home Service pour Sylvie by Day. En 1967 elle réside toujours à Londres, c'est à cette époque qu'elle commence à vendre les terrains de Courtisols hérités de son père adoptif. La même année elle fait la traduction de la pièce de Jean Cocteau, Le Bel Indifférent, le tapuscrit est conservé dans le fonds Jean Cocteau de la Bibliothèque Historique de la ville de Paris.

source : Bibliothèque historique de la Ville de Paris
/ Fonds Jean Cocteau

Ensuite, d'après le témoignage de Bob Dorough, elle aurait eu une liaison amoureuse avec un saxophoniste de jazz, qu'elle a aidé, vainement, à surmonter sa dépendance à la drogue. Puis elle aurait vécu quelques années avec le producteur Harley Usill, fondateur du label Argo Records, ils venaient régulièrement rendre visite au couple Dorough à Poconos (Pennsylvanie), on est alors dans les années 1970/1980, elle est alors domiciliée avec sa sœur à Los Angeles. Harley décède à Londres en 1991,  Sylvie est morte à New York en 1996.

Christian Declerck

Sources : Etat civil, Dunkerque-Sports, Ancestry.fr, FamilySearch.org, Archives.org, The Brooklyn Daily Eagle, The Montreal Gazette, Variety Magazine, The Miami News, The New York Evening Post, Alexandra Herald and Central Otago Gazette, The Bilboard Magazine, Image et Son, Programme WBAI, Genome.ch.bbc.co.uk, Qui ? Détective, Radio Mirror, Sponsor Magazine, Radio Album, Broadcasting Magazine, Florence Morning News, New York Magazine, Catalog of copyright entries, Catalogue DECCA, Bibliothèque municipale de Lyon, Bibliothèque Historique de la Ville de Paris et collection personnelle.
Mes remerciements à Jean Poirriez et Michel Steylaers pour leurs traductions.


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La Moustache de Papa, produit par Larry Shushan, Babary Coast Records, BC33018
Musiciens de l'orchestre :
Violons : Elliot Fisher, James Getzoff, Mme Elizabeth Waldo, Richard Bailey.
Trompettes : Jerry Rosen, Manuel Steven
Trombone : Harold Diner
Clarinette basse et clarinette : Lewis Ellenhorn
Clarinette : Morris Bercov
Flûte : Burnett Atkinson
Basson : Howard Terry
Flûte et clarinette : Mahlon Clark
Piano : Maurice Ellenhorn
Accordéon : Gene Garf
Basse et tuba : Ray Siegel
Percussion : Chester Ricord
Direction : "le prof. Pierre Chatouille"


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j'ai appris le décès de Bob Dorough le 23 avril 2018. Il m'avait donné des informations sur sa rencontre avec Sylvie et leur amitié


il célébrait ses 92 ans




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Généalogie de Nelly Chauveau
recherches personnelles


Les liens que vous avez manqués :

- l'ENSA
La moustache à papa (paroles et musique Sylvie St Clair)
- The Grasshopper and the Ant et autres fables de Jean de La Fontaine


vendredi 30 novembre 2018

Albert Cousu, musicien dunkerquois



Albert Cousu en 1952, pianiste de l'orchestre JYR (collection Yvon Cassez)
source : La Voix du Nord novembre 1987

Le Nouveau Nord du 20 janvier 1959 : 
Albert COUSU s’est éteint samedi à l’âge de 80 ans en son domicile de la cité du Kursaal, ainsi disparaît l’un des témoins des plus fidèles de près d’un demi-siècle de la vie collective dunkerquois. Car quelle revue locale, quel spectacle de variétés n’a pas porté à son générique « arrangement ou accompagnement d’Albert Cousu » ? qui pourrait compter le nombre de sapins de Noël au pied desquels cet infatigable musicien a joué du piano ou dirigé des ensembles ? Albert Cousu était né à Roubaix en 1878, il vint à Dunkerque en 1913, engagé par le Music Hall de la place d’Armes. Passée la grande tourmente, il allait accompagner les grandes vedettes de chez Mayol de 1924 à 1938, outre les nombreux arrangements qu’il créait pour des spectacles locaux, les airs de danse, les chansons, les marches qu’il composait, l’une de ses compositions restées les plus célèbres est la fameuse « Java des Chtimis » écrite en 1938 et que la plupart des accordéonistes de France et de Navarre allaient mettre à leur répertoire. Membre de la Société des Auteurs et Compositeurs de Musique depuis 1921, de la Société de Réproduction Mécanique depuis 1931, Albert Cousu avait reçu en 1939 la plaquette de bronze de membre définitif de la SACEM et en 1949 il en devenait pensionnaire […]. Outre sa participation à la musique de scène, Albert Cousu avait apporté le concours de son talent et de son inspiration au cinéma. Il était notamment l’auteur de la musique d’un grand documentaire qui a fait le tour du monde : « La vie et les travaux des frères Lumières » On lui doit aussi le premier arrangement airs du carnaval, l’indicatif d’une émission de radio de jadis « Bonjour Printemps ». Modeste et effacé, Albert Cousu a apporté à l’art musical une contribution dont ses propres concitoyens ne mesurent peut-être pas toute l’importance car chez cet homme la discrétion et l’amour de la musique allaient de pair, et pourtant ses œuvres étaient jouées en Belgique, en Suisse, en Pologne et même en Israël. Il y a quelques années Albert Cousu se remettaient encore de temps à autre au clavier et s’efforçait malgré son grand âge d’apporter le meilleur de son dévouement et de son expérience à ses jeunes amis de la société de Galas Record dont il était le vice-président. Mais les fatigues d’une longue carrière remplie pourtant de musique gaie ont eu raison de lui. A sa veuve, à ses enfants, petits enfants, nous adressons nos bien sincères condoléances.


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Albert Cousu est le fils de Victor, marchand épicier, et Martine Vandamme, domiciliés rue du Luxembourg à Roubaix.
Il obtient un 1er prix de clarinette en 1897 au conservatoire de musique de sa ville. Parallèlement il pratique le piano et se produit régulièrement lors de concerts et auditions dans la région roubaisienne. En 1900 on le cite comme directeur de la chorale du Club Moderne de Tourcoing. En mars 1908, lors de l'assemblée générale de Nord Touriste, c'est lui qui dirige l'orchestre de cette société. La même année, en août, la Fanfare Cycliste du Nord Touriste, dirigée par Albert Cousu se produit à Boulogne sur Mer. Elle comprend 45 exécutants qui jouent en roulant à bicyclette dans les rues de la ville, au programme un défilé-marche de la composition du chef, Le Recousu.
En octobre 1908 il épouse une musicienne lilloise, Julie Delesalle, lauréate du Conservatoire de Lille. Ils se produisent ensemble, elle au chant, lui au piano, donnent plusieurs concerts à Roubaix avant 1914. Un encart dans le Journal de Roubaix nous apprend qu'Albert Cousu tenait un café 135 rue de l'Epeule, il le cède devant notaire le 1er juin 1911.
C'est à cette époque, vers 1913, qu'il se produit avec une troupe de Music-Hall à l'Eden-Concert de la place d'Armes à Dunkerque. Entre temps il s'est séparé de Julie, car il épouse Léa Dinaut à Rosendael en 1921 dont il divorcera en 1930. Il se fixe à Dunkerque et intègre l'association musicale La Jeune France, chorale masculine dont il devient le pianiste accompagnateur. En 1937 il se produit avec les choristes dans une émission de Radio Normandie. Un orchestre, dirigé par M. Jonvel de Saint Pol sur Mer, interprète les danses d'autrefois, dont un "Quadrille Dunkerquois" sur un arrangement d'Albert Cousu. Est-ce le Quadrille composé par Henri Girard ? on ne le saura jamais, hélas, mais c'est fort probable, car cet arrangement était souvent joué avant 1914 dans les bals du carnaval.
Le 15 mai 1940 Albert Cousu part à Paris enregistrer un disque, sans doute pour son ami Félicien Ouvry, chef d'orchestre, roubaisien comme lui. Mais quand il veut retourner à Dunkerque le 20 il est trop tard. Après une errance de 60 heures en chemin de fer il retourne à Paris puis gagne Avignon où il était pianiste il y a 40 ans. Il y trouve un emploi de métallurgiste tout en continuant de prêter son concours aux tournées de bienfaisance, en accompagnant des chanteurs parisiens, dont le fameux Georgel. Il revient à Dunkerque en 1943.
En 1947 il dépose un arrangement des airs du carnaval de Dunkerque, dont le disque vient d'être édité par Pierre Lobert, l'électricien dunkerquois, avec les musiciens de l'orchestre de Edmond Bertein.

En 1949, à Dunkerque, il épouse Antonie Cucheval, une couturière de Watten, il décède dix ans plus tard. Son épouse le rejoint au cimetière de Dunkerque en mai 1961.

Christian Declerck
Sources : l'état civil, Le Journal de Roubaix, L'Avenir de Roubaix-Tourcoing, L'Egalité de Roubaix-Tourcoing, le Bulletin Officiel du Nord Touriste, Mémoires de l'Association Chorale La Jeune France volume 2, et documentation personnelle










Un catalogue de ses compositions :
merci à Christophe Plovier pour ses informations complémentaires

- Alberto, valse.
- La bataille des petits Cupidons, avec M. David (1950).
- La belle de java, java-mazurka (Al. Cousu – F. Ouvry)
- Le béguin, fox-trot.
- Cantalou, tango.
- Bonjour Printemps, one step.
- Café-crème et croissant (Désiré Noël - Albert Cousu).
- Carnaval dunkerquois (1947).
- C’est démodé, java chantée, paroles de Jilune, musique de A . Cousu et Ch. Lemeunier (1951).
- La chanson du carrefour, extraite du film Un siècle de Paris, musique de F. Ouvry et Albert Cousu (1943).
- La clairière, (Hostaléry - Albert Cousu)
- Comme ça, one-step.
- La danse des chaises (1937).
- Disclose, valse. 
- El presto, paso-doble.
- El puchero, paso-doble.
- Fajardo, mélodie espagnole.
- Felio, fox-trot.
- Flandria, marche.
- Fête à Pigalle, swing.
- Flotte mon cœur, fox (F. Ouvry - Al. Cousu).
- Gigolette, chanson réaliste (F. Lapierre & Hostaléry - A. Cousu). 
- Imppecable [sic], fox-trot.
- La java des chti-mis, (1938).
- Je lanc’ la mode, chanson, A. Cousu - A. Chinaglia  (1915).
- Je sais sourire, romance bouffe, à l’ami Montel, musique Aroldo Chinaglia, Albert Cousu, paroles William Jourdan, créée par Noël Delsson au Kursaal (1915).
- Ma berlouque, java.
- Ma bigleuse, java.
- Madrilena, one-step. 
- Mia Tyta, conga.
- Miss boulette (Henry / Lemeunier - Cousu).
- Miss mouche (Henry / Lemeunier - Cousu).
- Moi j'ai du tempérament (Claudine Ryka / Robert Djenny - Djenny / Cousu).
- Mon amant vagabond, fox, F. Ouvry - Al. Cousu.
- Montbolo, pas-doble.
- Mylajo, conga.
- Polissonnerie, one-step.
- Muguette, java.
- Para manana, tango.
- Près de moi mon amour, musique Robert Bremme, Albert Cousu.
- Pretty Bell, fox trot.
- Quadrille dunkerquois, arrgt A. Cousu (1937).
- Le Recousu, défilé-marche (1908)
- Rabbit, fox-trot.
- Radio Star, one step marche, créé par le célèbre accordéoniste Jean Vaissade, enregistré sur disque par l’orchestre jazz G. Ghestem, édt. A. Cousu, 7 place d’Armes Dunkerque.
- Robinson, paroles Maurice Lecomte, musique Albert Cousu, Charles Meunier.
- Roi des canards, Félicien Ouvry, Albert Cousu.
- Sport, fox-trot.
- Surprise à Grand-Millebrugghe, paroles de Vivette Flore, musique de Vivette Flore, arrgt d’A. Cousu, sd, auto édition.
- Le tango de Gaby.
- Tourbillon, valse.
- Trois petits mots, swing, Andrel - Cousu.
- Un songe, mélodie.
- Une preuve d’amour, fox-trot.
- La valse d'un beau soir (Noël - Albert Cousu).
Valse du Retour, paroles Janine Dewitte, musique Robert Bremme, Albert Cousu.
- Valse nocturne.
- Wave waltz, valse.
- Ziou Ziou, paroles Janine Dewitte, musique Robert Bremme, Albert Cousu.

Musique du film « Un siècle de Paris » de Maurice THÉRY (1942) avec Félicien OUVRY, édit. Salabert, Paris (1943) : Taxi vélo et Artisanat, La chanson du carrefour

Discographie : La belle de java (Sonor n° 128). Bonjour Printemps (Sonor n° 136 et Etoile musette n°119). C’est la java du faubourg, Félicien Ouvry* et Al Cousu, orchestre Etoile Musette dir. Jo Reno (1947). Fête à Pigalle (Etoile Musette n°119). Flotte mon cœur (Sonor n° 124). Mon amant vagabond (Sonor n° 124), Radio star (Sonor n° 122, Polydor Jap 515.004), Trois petits mots (Sonor n° 125).

mercredi 26 septembre 2018

Pierre Manaut, auteur lillois



par Simons
collection personnelle


Nous avons le regret d'annoncer à nos lecteurs la mort d'un des collaborateurs les plus aimés de ce journal. Notre ami Pierre Manaut, atteint depuis de longues années par un mal impitoyable, n'est plus. Il disparaît à l'âge de 53 ans.
Pierre Manaut, dont on lut dans ce journal durant vingt années, les chroniques rimées, était un fantaisiste de la meilleures veine. Il y avait dans ses vers légers une spontanéité, un drôlerie sans effort qui le mettait à un rang à part. D'autres, dans ce genre difficile, se contorsionnent et accumulent les calembours sans atteindre la drôlerie. Les petites gazettes de Pierre Manaut, au contraire, plaisaient par leur naturel, la gentillesse de l'à-peu près, l'habileté prosodique, la verve bien française. Il était de la bonne lignée des poètes charmants qui, dans des œuvrettes sans prétention et parfois cocasses, garde le respect de la langue et du goût. Tout le monde avait plaisir à le lire.

Pierre Manaut écrivit en outre beaucoup de chansons, de saynètes, d'opérettes d'excellente venue. Bien que l'œuvre longue convint moins à son calme que l'impromptu rapide, c'était une figure lilloise connue et de tous côtés on s'adressait à son obligeance inépuisable dès qu'il s'agissait d'un à-propos aimable ou amusant.
Notre ami trop tôt disparu n'était pas seulement délicieux dans ses œuvres. Il était le plus gentil des compagnons, fantaisistes dans la vie autant qu'on peut l'être, fin, sans vanité, loyal et de cœur excellent. Sa conversation pétillait du meilleur esprit et dans notre rédaction ses paradoxes et ses boutades, jamais méchantes, mettaient tout le monde en gaieté.
La maladie, qui le privait de la joie de circuler à son gré, n'influa jamais sur son caractère. Jusqu'au dernier jour, il sera demeuré souriant, ne se plaignant jamais malgré ses souffrances. Il attirait toutes les sympathies et sa mort causera une peine réelle aux nombreuses personnes qui se plaisaient à venir bavarder avec lui.
En cette cruelle circonstance, nous adressons nos condoléances émues à Mme Pierre Manaut, à Mlle Lucette Manaut, devenue tout récemment Mme Fischer, et à M. Léon Manaut, son père, président des la Fédération des Musiciens du Nord. Notre pensée attristée est avec eux tout entière.

Le Grand Echo du Nord de la France 12 mai 1942

source : le Grand Echo, médiathèque Jean Lévy, Lille



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Pierre Manaut, né à Tourcoing le 10 février 1889, est le fils de Léon, né à Paris en 1860, administrateur de la Caisse d'Epargne de Lille et Président de la Fédération des Sociétés Musicales du Nord et du Pas-de-Calais de 1923 à 1945. Sa mère Marie Ehrhart, alsacienne, est née à Willer-sur-Thur en 1871. Il épouse Emma Catoire en 1922, ils ont une fille, Lucette, née la même année, épouse de Maurice Fischer, elle est décédée en janvier 2000.
La BNF recense seulement 16 notices concernant ses œuvres, c'est peu, très très peu… j'ai relevé plus de 50 collaborateurs : compositeurs et co-auteurs pour environ une centaine de chansons. Parmi eux : Georges Gestem, Robert Solry, Raymond Emmerechts, Maurice Dehette, Henri Dalenne, Joseph Dewavrin, Désiré Letellier, Jean Berens, Louis Raspini, Abel Decroos, Jean Boulcourt, Georges Gadenne, Maurice Frot, Eudore Rancurel, Jean Ernst, Raymond Vanméerhaeghe, Paul Laby, Eugène Gaudefroy, Maurice Daudelin, Henri Fernand, Léopold Simons, André Hornez, Edouard Rombeau, Maurice Brisville, Hans Bunzl, Marceau Verschueren, Edmond Pellemeulle, Victor Calimez, Pierre Duchêne, Jean Lenoir, Maxime Rions, Léon Raiter, Luc de Orval, Victor Absalon, Antony Guichon, Pierre Drucbert, Paul Gyl, Alfred Decaigny et Jean Houseaux.
On peut écouter trois de ses opérettes sur le site de Jacques Gana :

L'encyclopédie multimedia de la comédie musicale théâtrale en France (1918-1944)


Un recensement de ses textes est à faire, mais cela paraît un travail immense, tant il a publié. Parmi toutes ses œuvres j'ai découvert cette bande dessinée réalisée en collaboration avec le jeune Léopold Simons, sous les pseudonymes de Péhem et El-Hes, publiées dans le supplément illustré de l'Echo du Nord et restée inconnue de la production de l'illustre auteur patoisant : Les aventures de Bobino, conte pour les petits, paru en 1923-1924.


collection personnelle


quelques unes de ses productions (collection personnelle)