vendredi 9 février 2024

Lietta Freckal, 1922-2017

mise à jour du 7/9/2021, suppression du lien obsolète vers Nord Littoral, remplacement par un PDF
mise à jour du 25/9/2017, ajout d'un lien vers l'article de Nord Littoral
mise à jour du 9/7/2017, ajout d'un montage-vidéo des photos de Lietta
mise à jour du 9/2/2024, ajout d'une vidéo de la BBC




Sa fille, Martine Courtin-Deguines, vient de m'apprendre la triste nouvelle, Juliette est décédée vendredi 1er septembre 2017 en fin d'après midi. Elle était née à Calais le 14 décembre 1927, fille de Frédéric et Jeanne Prévost.

Le journal Nord Littoral a fait paraître cet article le 24/9/2017

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collection personnelle


Martine Courtin-Deguines a retrouvé deux albums photos de sa mère, au fond d'un panier de vêtements, elle m'a demandé de les ajouter à cette page. Pas de musique d'accompagnement, il n'existe pas, hélas, d'enregistrement de Lietta Freckal.



à regarder plein écran


On y retrouve ses amis artistes : Albert Demeulemester, alias Bertal (artiste et directeur d'une agence artistique lilloise), Robert Jordens, alias Ch'Guss (le comique patoisant boulonnais), Serge Davri, Jeanny Stander, Jacques Nellos, Jean Jarrett, Emile Lamour, alias Gilbert Elmy, et Victor Charlier, le chef d'orchestre de Radio-Lille.

C Declerck



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Extrait d'une coupure de presse non identifiée, non datée (archives municipale de Boulogne sur Mer)


"Charly Yorel [1899-1962] nous parle de la chanteuse calaisienne Lietta Freckal
Pour situer Lietta Freckal, nous ne pouvons mieux faire que d'entendre Charly Yorel nous parler d'elle. Le sympathique artiste régional que nous avons applaudi fréquemment est en effet à l'origine de la carrière artistique de Lietta Freckal.
C'est en 1949, nous précise-t-il, que j'ai entendu pour la première fois la jeune Calaisienne. Je tiens tout d'abord à vous dire que Lietta, qui est la plus charmante fille que j'ai connu, tient à l'orthographe correcte de son nom qui comporte 13 lettres. Cette petite exigence est la conséquence d'une innocente superstition.
A cette époque je participais à un gala de variétés organisé par la société Concordia, au théâtre de Calais. Je venais de me produire dans un numéro de prestidigitation et, en coulisse, je remettais en ordre mon matériel. Une jeune chanteuse m'avais succédé en scène et ses accents étaient si prenants, sa personnalité tellement évidente, que je subis une impression indéfinissable qui me cloua sur place.
C'était Lietta Freckal qui chantait. Elle interpréta l'Accordéoniste et Hymne à l'Amour avec un talent que lui aurait envié Edith Piaf. Son succès fut éclatant.
Quand Lietta sortit de scène je lui fais la proposition de la joindre à mes camarades et à moi-même dans les futurs programmes que nous avions l'intention de donner dans la région boulonnaise.
Lietta accepta et débuta avec notre petite troupe à Boulogne, en juin 1950, lors d'un gala donné à l'occasion du centenaire des Etablissements Baignol et Farjon. Son talent de chanteuse réaliste impressionna profondément l'auditoire."
"Mariée à M. Pierre Deguines, instituteur, elle s'appelle Juliette Frère. C'est Jack Nellos, l'animateur de Concordia qui lui trouva ce diminutif de Lietta complété pour le nom de la première syllabe de son nom de jeune fille auquel il ajouta "ckal"… parce qu'elle était de Calais. Elle est musicienne et a appris le violon, ce qui lui permet de toujours interpréter ses chansons dans les meilleures conditions.


à 00:37 on aperçoit Lietta 


les préparatifs de l'émission vu par la BBC






La B.B.C. vient à Calais

La jeune téléphoniste suivit Charly Yorel dans de très nombreux concerts donnés dans la région et même au delà. Puis un jour, la B.B.C. traversa le Détroit avec tout son matériel, pour faire un reportage sur Calais. Il s'agissait plutôt d'une série de courts reportages qui allait permettre à la télévision britannique d'évoquer le Calais sportif, commercial, industriel et artistiques On ne manqua pas de faire appel à Lietta, qui allait ainsi devenir une vedette remarquée des téléspectateurs britanniques. l'un d'eux, et non des moindres, sir Eric Fauwcette, metteur en scène à la B.B.C. télévisionna le reportage sur Calais. Il entendit et vit Lietta qui le bouleversa au plus haut point.
Ce technicien du grand service anglais n'avait pas encore fixé son choix sur la chanteuse qui devait figurer dans le programme du Salon de la Télévision. Celui-ci devait s'ouvrir dans les jours suivants. Il avait, auparavant, pensé faire passer Edith Piaf dans son tour de chant. L'audition et la vision de Lietta Freckal modifia son projet primitif. Il téléphona le lendemain à Calais et fit à la jeune artiste une proposition très intéressante pour passer à la B.B.C. […] Lietta interpréta une demi-douzaine de chansons dont La vie en rose, succès dont les Britanniques sont aussi friands que des fantaisies sur Carmen. Son succès fut entier. Le lendemain Le Ciros, grand cabaret de Londres, offrait à la jeune Calaisienne un engagement de trois mois pour lequel il proposait 1.200.000 francs. Elle devait passer tous les soirs dans un tour de chant réaliste. Lietta n'accepta pas. […]"

photo de presse, collection personnelle



Témoignage de sa fille Martine Courtin-Deguines (juillet 2016)


Sa première prestation publique, elle l'avait faite en 1947, lors de la grève chez Brampton. Il y a eu une photo prise de haut, où on la voit chanter en robe à fleurs, avec les grévistes assis par terre. Elle a aussi participé à quelques revues avec André Culié, juste après la guerre, plutôt des petits rôles, et elle a toujours refusé de jouer la Zabel de la revue de Boulogne sur Mer montée par Jean Jarett. Mon père ne voulait pas, il disait qu'elle allait se dévaloriser.
Ma mère a été choisie pour représenter la France pour la première liaison Eurovision Grande Bretagne - Continent en 1950. Elle avait 22 ans. A la suite de ce passage (elle avait chanté La Vie en Rose) les Anglais ont envoyé une avalanche de lettres à la BBC pour savoir qui était cette jeune femme qui chantait si bien, et qui n'était pas vulgaire comme Piaf (authentique ! c'est ce qui ressortait de la plupart de ces courriers). Un certain Picket-Wilkes (que j'ai connu, il est venu souvent à la maison avec son épouse et il devait être un peu amoureux de ma mère) qui était quelque chose comme directeur des programmes de variétés à la BBC, il l'a fait revenir. Elle a chanté à nouveau La Vie en Rose, partiellement en Anglais, cette fois, et la BBC lui a offert un contrat d'exclusivité, ce qui n'était pas rien à l'époque. Il fallait venir s'établir en Angleterre, et ma mère a refusé (sous la pression de mon père, je le sais, qui avait peur de l'aventure).

Studio BBC Radio, La Semaine du Nord, février 1955
photo Roger Tollens
collection personelle


A l'époque, ils étaient fonctionnaires tous les deux, et la sécurité lui importait plus qu'une hypothétique carrière artistique. Ils avaient connu la guerre (mon père, refractaire au STO, a vécu caché pendant deux ans) et ses privations (ma mère était réfugiée dans l'Est avec ses soeurs et sa mère, mon grand-père, sapeur-pompier, étant réquisitionné à Calais et elles ont eu faim), ceci peut expliquer cela. Elle a continué les concerts en France, tout en gardant son emploi au central téléphonique de Calais. En 1955, pour fêter les 5 ans de l'Eurovision, la BBC avait invité tous les protagonistes de la première émission. Elle a été à nouveau conviée à la BBC, mais pour un passage assez bref, qui a, à nouveau, donné lieu à des demandes importantes de la part du public. Re-proposition de contrat, un vrai pont d'or me semble-t-il. Là, elle a nouveau refusé. Tout comme elle a refusé d'être mutée à Strasbourg, où les PTT lui avaient proposé un poste aménagé et se proposaient de sponsoriser sa carrière. Oui, ça, c'est exact, même si ça parait amusant et incroyable. Là encore, refus de mon père. Et fin de l'espoir d'une carrière internationale, et même d'une carrière tout court.
Car, entretemps, il y avait l'imprésario de Piaf qui intervenait régulièrement pour empêcher la parution des articles la concernant en France.
Elle a continué de chanter dans des galas régionaux, et en aussi en Normandie, tout en continuant de travailler aux PTT. Les tournées d'été La Voix du Nord, Kermesses de la bière à Maubeuge, premières parties d'artistes parisiens venus se produire dans le Nord.

Des souvenirs

Souvenir des paroles des chansons que ma mère affichait sur le papier peint de la cuisine pour les apprendre (mon père et moi en savions aussi long qu'elle à force !) des chansons apprises et répétées sur le vieux Gaveau du salon, ma mère sérieuse, concentrée, qui "sentait" du premier jet paroles et musique en même temps, et qui n'en variait pas. Si elle n'aimait pas, ne sentait pas une chanson, elle ne la prenait pas à son répertoire. Et mon père qui s'arrachait les cheveux, parce qu'il fallait transposer les chansons à cause de la tessiture de ma mère, qui chantait dans un ton pas possible. On s'y collait le jeudi après-midi, à recopier les chansons transposées, lui et moi (j'étudiais le piano, ça me faisait un bon exercice) Il y avait une foule de documents dans une valise (coupures de presse, photos, affiches etc.) chez mes parents. Mais quand mon père a mis en vente la maison, il a passé une semaine à brûler des tas de choses, dont tout ce qui avait trait à la carrière de ma mère, y compris ses dernières robes de scène et d'innombrables photos et souvenirs personnels et professionnels. Je n'ai pas récupéré grand chose. Je suppose qu'il voulait que tout cela disparaisse avec eux. Sur la fin, il était un peu spécial, mais bon, c'est ce qu'il voulait.
J'ai en tête d'innombrables anecdotes sur cette tranche de vie. C'est drôle, de vous écrire tout ça, plein de choses me reviennent en mémoire. Mon père lui a fait arrêter la chanson en 1968, en disant à ses deux impressari (Jean-Pierre Panir et Bertal) qu'elle n'était pas disponible pour les dates proposées. Ils ont fini par ne plus appeler. Il considérait qu'à 42 ans, avec une fille mariée, elle avait passé l'âge de se produire en public. Très entre nous, je considère que mon père a brisé sa carrière. D'ailleurs, ma mère le lui a souvent reproché. Je crois qu'il se savait moins talentueux qu'elle et avait peur de la perdre. Ma mère était très belle et chantait réellement merveilleusement bien.
Elle avait un talent fou et savait ce qu'elle voulait, malheureusement, elle appartenait à cette générations de femmes dont le mari gère la vie, et elle n'a pas su (ou pas voulu) s'imposer.
Je l'ai vue (et pas qu'une fois) entrer en scène dans une salle houleuse (Kermesse de la Bière à Maubeuge, Salle des Fêtes à Bucaille, près de Boulogne) où tous les artistes refusaient d'aller chanter, et retourner le public dès sa première chanson. On n'entendait pas une mouche voler, et pourtant, c'étaient des public difficiles. Elle arrivait à les faire taire, à l'écouter, et ils lui faisaient une ovation. Ça, je l'ai vu à chaque fois. Elle avait un vrai talent, un vrai charisme.


D’autres souvenirs

Quant à mon père [Pierre Deguines (1922-2011)] il était instituteur, mais également l'accompagnateur au piano de ma mère. Il a travaillé dans l'orchestre de Jo Bouillon, avec Joséphine Baker et il a crée l'orchestre Blue Melody (c'est comme ça qu'il a rencontré ma mère en 1948). Puis, il a dirigé l'orchestre du casino de Calais pendant de nombreuses années, après avoir animé le cabaret l'Oasis, juste en face du Casino.

Pierre Deguines (à gauche) et Lietta Freckal 
studio BBC Radio
collection personnelle


Charly Yorel (de son vrai nom Charles Leroy), je l'ai très bien connu. Je l'aimais beaucoup. C'était un vieux garçon, mais il adorait les enfants, et il me fabriquait toutes sortes de petits objets rigolos et de très beaux dessins, ce pourquoi il était très doué. Il était calme et très pince sans rire. Impossible, à le voir, de deviner qu'il était capable de faire rire à ce point sur scène. Je le compare souvent à Jango Edwards, c'était le même genre de risque tout que rien ne démontait.


collection personnelle


On a dit qu'il s'était suicidé, mais il n'avait à ce moment, aucune raison de le faire : il avait une amie et ils devaient se marier. Mais c'était un bohème, un genre de professeur Tournesol, et son tuyau de gaz n'était pas sécurisé du tout. Ca a été un grand choc pour nous d'apprendre son décès. Je me souviens encore de son enterrement à Pont-de-Briques. Lui et puis Jean Jarett, qui était fantaisiste sur scène et entrepreneur des pompes funèbres le jour mais n'était jamais sérieux, même dans la vie. Je ne sais pas comment il faisait pendant les enterrements.
Et puis les clowns Gilmano et Vincetti, Jeany Stander, la présentatrice de tous ces spectacles, Nellos, agent de police hors de la scène, Emile Lamour, (nom de scène Gilbert Elmy) le ténor chéri de ces dames, André Culié, et par là-dessus, jamais bien loin, les frères ennemis du journalisme, Robert Lassus (Nord-Littoral) et Robert Chaussoy (dit File-Vite) pour la Voix du Nord. Et Ch'guss, et André Bal (devenu ensuite Tit Louis d'Peuplingues) qui jouait de la scie musicale, et ne manquait jamais de cracher dans un grand mouchoir à carreaux avant d'entrer en scène pour présenter les spectacles.
Et Serge Davri, comique complètement déjanté, qui venait souvent chez nous aussi. Lui, c'était quelque chose aussi. Quand il chantait je suis le maître à bord et se faisait sauter dans sa lessiveuse. Oh la la ! Il a répété ça souvent dans le jardin de notre maison. Ca déménageait !
Et Sacha Distel, grande vedette de l'époque, qui devait être un peu amoureux de maman (qui ne l'était pas ? Elle était si belle !) et qui la demandait toujours en première partie de ses spectacles. Après, il venait manger à la maison avant de rejoindre sa chambre au Meurice. Et j'était une petite fille très frustrée, parce que je ne pouvais pas le raconter à mes copines du lycée Sophie Berthelot ! Je l'avais fait une fois, et tout le monde s'était moqué de moi, personne ne m'avait cru. Et pourtant c'était vrai ! Sacha Distel était vraiment venu manger la veille au soir le civet de lièvre préparé par mon père. Que de souvenirs ! J'étais petite, puis adolescente, mais j'ai des images précises de tout ça, car c'étaient aussi des amis que mes parents recevaient volontiers chez eux .


Des enregistrements disparus

Ma mère a fait un disque dans les années 61-62. Il y avait 4 titres dessus (dont Ne me quitte pas, Chanson vagabonde, L'homme à la moto). La distribution de ce disque a été bloquée par Edith Piaf, qui ne faisait pas de cadeau à celles qui menaçaient de lui faire de l'ombre. Le disque n'a jamais dépassé le stade de la maquette, il n'y a même pas eu de pochette éditée. Ceci est véridique : Piaf faisait acheter les reportages réalisés sur ma mère afin qu'ils ne paraissent pas. Je me souviens de reporters de Paris-Match qui avaient passé plusieurs jours à Calais pour suivre la famille de Lietta Freckal au quotidien. Ils étaient venus à la maison, bien sûr, mais aussi à son travail, au Central Téléphonique, Boulevard Gambetta. Cet article, et beaucoup d'autres, n’ont jamais paru. J'étais petite, parce que j'avais perdu mes incisives devant, et ils m'avaient photographiée riant aux éclats, ça doit dater de 1955-1957. Elle a également fait une émission pour la télévision régionale en 1963 ou 1964. Elle y jouait le rôle d'une chanteuse de cabaret assassinée, dont un inspecteur de police tentait de trouver le meurtrier. Bien entendu, l’émission était émaillée de nombreux flash-back au cours desquels elle chantait, entre autres chansons, La Mama.
Quant aux bandes-son de concert, il n'y en a jamais eu, ma mère refusait qu'on l'enregistre. Si, peut-être une seule : une bande a été enregistrée lors d'une fête du 1er Mai au Parc Municipal de Calais. Je m'en souviens, parce que Robert Damien, batteur de l'orchestre Blue Melody, avait joué ce jour-là et il avait été tué le lendemain en démontant le podium. Il était électricien à la ville de Calais et c'était le cousin germain de maman, qui avait été élevée avec lui et qui avait été très choquée de cet accident. Je crois que c'était en 1958-1959. Il était le mari de Monique Damien, devenue ensuite Monique Dupont, et le père d'Eric Sprogis et d'Alain Damien qui ont tous deux dirigé le Conservatoire de musique de Calais. Une bande magnétique avait été réalisée, et mes parents en avaient eu une copie. J'ignore qui a conservé les autres copies et l'original.


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mardi 30 janvier 2024

Louisa Danchin, compositrice (1822-1908)

portrait probable de Louise Danchin
collection personnelle

Tour commence à la braderie de Lille, la découverte d'un album de partitions déreliées, avec des illustrations intercalées signées Boldoduc et lithographiées par Jean Louis Simon à Cambrai. La page de titre est manquante, pas de nom de compositeur, un tampon "Scrive-Loyer" et les dédicaces qui me renvoient aussi vers Lille. Un contact avec la Médiathèque de Cambrai n'a pu me donner les informations sur ce compositeur. 


Puis, plusieurs années plus tard, je vois sur un site d'enchère le même recueil, mais avec la page de titre et le nom du compositeur qui est une compositrice : Louisa Danchin !


Louise Françoise, dite Louisa, Danchin est la fille de Charles (1788-1845) chapelier cambraisien et Flore Degland (1791-1878). Elle est née à Cambrai, 1 rue de l'Ange, le 21 juillet 1822. Après une solide formation musicale, elle se produit pour les fêtes de Cambrai, en concert, en 1843, au même programme que M.  [Louis] Ponchard et Madame [Elisa] Iweins-d'Hennin, une artiste lyrique lilloise réputée, 1er prix du Conservatoire de Paris (1837). En octobre 1853, Le Ménestrel annonce la publication de son album : Voici ce que nous lisons textuellement dans la Gazette de Cambrai : Nous sommes heureux d'annoncer la très-prochaine publication d'un délicieux Album musical édité par Mlle Louisa Danchin, et dont le succès est infaillible. C'est un recueil de charmantes romances, choisies avec un goût exquis et dont quelques-unes, paroles et musique, sont l'oeuvre entière de Mlle Louisa. Toutes exhalent ce parfum d'innocence! que l'on aime à rencontrer dans les ouvrages de ce genre, Ce sont autant de perles d'une admirable pureté que le souffle impur des passions n'a point encore ternies. En éditant cet Album, Mlle Louisa Danchin n'a pas seulement fait une oeuvre remarquable, mais encore une bonne action dont toutes les mères apprécieront le mérite. Ainsi que L'Univers Musical du 1er décembre 1853 : Mlle Louise Danchin, professeur de chant à Cambrai artiste fort connue et généralement estimée dans le cercle musical du Nord, vient de composer un recueil de trois [sic] jolies mélodies, sur des paroles choisies, pour être offertes aux jeunes personnes, parmi lesquelles nous avons remarqué Fleur du Souvenir (par M. de Millevoye), Amed Jigi (par M. Feret) A six ans, etc., etc. Mlle Danchin a placé son œuvre sous le patronage de nos chanteurs les plus aimés. Ce sont Géraldy, Mme Iweins d’Hennin, M. et Mme Arnold-Daniel, qui ont bien voulu prêter le concours de leur beau talent au jeune compositeur. On souscrit pour cet album, à Paris, chez Benoit aîné. Tout comme Le Constitutionnel du 28 décembre 1853 : Parmi les nombreuses productions musicales que le jour de l’an fait éclore, nous devons une mention spéciale à l’’Album de Mlle Louisa Danchin, publié par l’éditeur Benoit, rue Melay, 40. On y trouve des mélodies touchantes et naïves, des romances animées et légères, des chants larges et dramatiques. Cet album atteste que l’auteur, Mlle Louisa Danchin, unit l’inspiration au savoir. En professeur habile, Mlle Danchin a su rester dans les limites les plus favorables à la voix humaine, de telle sorte que ses compositions, bien que pleines d’effet, sont faciles à chanter et à retenir. Ajoutons enfin que le choix sévère qui a présidé aux paroles, leur ouvre les salons de la meilleure compagnie et les établissemens d’éducation. Un succès légitime est assuré à l’album de Mlle Danchin.
L'unanimité de la critique augure une carrière prometteuse ; mais Louisa se marie le 7 avril 1858 avec Louis Daussin, fabricant de chicorée né à Licourt (80) en 1818, veuf depuis 1 an, père de 3 enfants qui sans doute ne l'encouragera pas à continuer la pratique de son art. En 1863 la famille Daussin est domiciliée à Paris, 6 rue Oudinot, en 1866 à Clichy, 38 rue Talbot et en 1868 à Levallois-Perret. Louise exerce la profession de lingère. En 1871 toute la famille émigre aux Etats Unis, en Louisiane. En 1872 Laure Irma, fille du 1er mariage de Louis Daussin, épouse Léon Vogt à la Nouvelle Orléans. La famille fonde un cimetière qui rassemblera toutes les tombes, situé à Goodbee. On y trouve celle de Louis mort le 21 janvier 1894 et celle de Louisa décédée le 27 mai 1908.

Christian Declerck
30 janvier 2014

Daussin Cemetery




entre Bâton Rouge et la Nouvelle Orleans

Liste des œuvres

- A six ans, paroles et musique Louisa Danchin, à Mademoiselle Nelly Brabant (album Louisa Danchin)
- Au revoir et non pas adieu. Ham, 23 juin 1843. Paroles de M., lith. de Simon (BNF VM7-46138)
- Dieu et le roi, paroles de Mr Leveque, à M. Arnold (album Louisa Danchin)
- Les enfants de minuit. Romance. Paroles de Mme Desbordes-Valmore, Paris, Magnier, 1856 (BNF VM7-46139)
- La fleur du souvenir, paroles de Millevoye, à Mlle Marie de Lafons de Laplesnoye (album Louisa Danchin)
- Hamed, sa mère et sa patrie, paroles de Mr G. Feret, à Mme Iweins-D’Henin (album Louisa Danchin)
- Hommage à S. M. l'Empereur Napoléon III. Paroles et musique de Mlle Louisa Dauchin [sic]. Lille 1853, lith. Simon, Cambrai (BNF A 7214)
- Ivline et son serin, paroles de Mr Feret, à Mme Henri-Loyer (album Louisa Danchin)
- Jigie, paroles de Mr Feret, à Mlle Angélique Flavigny (album Louisa Danchin)
- La petite fille du garde. Chansonnette. Paroles de Mr G. Feret, Paris, Benoit aîné 1854 (BNF VM7 46140)
- Les plus beaux jours, paroles et musique Louisa Danchin, à Mme Arnold-Danièle (album Louisa Danchin)
- Le regard, paroles et musique Louisa Danchin, à M. Géraldy (album Louisa Danchin) [portrait de Louisa Danchin ?]
- Le vœu du retour. Souvenir de la Martinique. Paroles de Mr G. Feret, Paris Benoit aîné, 1854 (BNF VM7 46141)



collection personnelle

Casimir Faucompré (1825-1899) et Alexandre Desrousseaux (1820-1892) dédient leur romance Regrets, publiée en 1855, à Louisa Danchin.

vendredi 15 décembre 2023

Sylvie St Clair

mise à jour le 3 mai 2018, annonce du décès de Bob Dorough et ajout d'une video
mise à jour le 22 janvier 2019, ajout d'une copie d'un traduction du Bel Indifférent de Jean Coteau
mise à jour le 8 juillet 2021, ajout de 2 photos
mise à jour le 14 juin 2023, ajout de 2 photos
mise à jour le 9 août 2023, ajout d'une vidéo
mise à jour le 30 octobre 2023, ajout d'un programme
mise à jour le 15 décembre 2023, ajout dune vidéo


collection personnelle



Une Dunkerquoise
Nelly Chauveau est née le 14 avril 1913 rue de la Marine où son père a transféré le magasin de cycles (il est agent de la marque Alcyon) qu'il avait fondé 18 rue Saint Jean trois ans plus tôt.
Sa famille est présente à Dunkerque depuis la fin du siècle précédent. Son grand-père, cantinier au 1er régiment d'artillerie, meurt à Dunkerque en 1895. Un oncle de son père était musicien à Dunkerque vers 1888, année de son mariage avec une Dunkerquoise.



Enfant, elle subit l'évacuation en 1917 qu'elle évoque dans un interview, puis la famille revient à Dunkerque ; sa sœur, Jacqueline, y est née en 1924. On sait que Nelly fait ses études au collège Lamartine, qu'elle est particulièrement douée pour le dessin, elle s'est inscrite à l'école des Beaux-Arts de la ville, et le théâtre. La famille déménage à Paris à la fin des années vingt. Nelly découvre la vie parisienne, les cabarets, les boîtes de nuit, le théâtre, elle continue ses études artistiques et devient dessinatrice, c'est la profession qu'elle déclare lors du remariage de sa mère en 1934, ses parents ont divorcé en 1931. Son père se remarie à Paris en 1936, il décède en 1941. Les deux sœurs sont adoptées par le mari de leur mère, Emile Montel-Saint-Paul en 1939.
Mais avant ces évènements familiaux Nelly a trouvé sa vocation. Elle a réussi à pénétrer les réseaux du théâtre parisien. Un responsable du théâtre de La Madeleine lui propose d'intégrer la troupe qui se produit à bord du paquebot Normandie. Elle embarque au Hâvre le 8 mai 1936 avec une vingtaine de comédiens professionnels renommés, tel Marcel Dalio (qui vient de jouer dans le film Pépé le Moko) et Robert Trébor, le directeur du Théâtre Michel et ami de Sacha Guitry.

New York
La ville l'émerveille, elle est fascinée et refuse de retourner en France, malgré l'absence de visa d'immigration, inconsciente des risques. Ses amis du Normandie auraient demandé au consul de France de veiller sur elle. Elle trouve un engagement de trois semaines à l'Hôtel St Régis, au cabaret La Maisonnette Russe, elle y est tellement appréciée qu'elle y reste trois mois et y retourne à bord du Champlain en septembre 1936, avec un visa cette fois.
En juin 1938 elle est au Canada, elle a obtenu un engagement au Cabaret Chez Maurice, un grand cabaret de Montréal situé dans la rue Sainte Catherine, elle est au même programme que Tristan Bernard. Une solide réputation l'a précédée, elle a été entendue au St Régis par un responsable de la programmation du cabaret montréalais qui l'a engagée sur le champ, son programme se divise en deux parties, elle interprète une série de chansons françaises puis une autre de chansons anglaises. Un critique nous dit qu'elle excelle dans la chanson parisienne et qu'elle obtient un franc succès avec Je voudrais en apprendre davantage, de l'opérette Normandie. En décembre 1938 elle est à Philadelphie au Cabaret Embassy.



Rainbow Grill janvier/février 1942



En 1939 elle se produit au Brevort Super Club de New York puis obtient un engagement en novembre 1941 au cabaret Rainbow Grill, annexe du Rainbow Room, salle de bal située au 65e étage du Building Rockefeler. En 1943 elle chante au cabaret Paris Qui Chante à New York. C'est à cette époque qu'elle rencontre le pilote de la RAF Bevis D. Davies qui devient son époux. En 1944 elle embarque pour Liverpool à bord de l'Axel Johnson et s'engage à Londres dans l'ENSA (Entertainments National Service Association), une association qui organise des spectacles et des concerts pour les troupes anglaises.

Londres
Dès juin 1945 elle se produit sur les ondes de la BBC, dans une production de l'ENSA. Ensuite elle est régulièrement invitée dans Variety Band Box, une émission destinée aux militaires.

Alexandra Herald and Central Otago Gazette 1946


En février 1946 c'est la sortie du film Caravan d'Arthur Crabtree, elle y tient un petit rôle aux côtés des stars du film, la servante outragée qui jure en français !



  des extraits du film



La même année elle enregistre quelques disques 78 tours pour DECCA à Londres : Ah le petit vin blanc / Take it away ; Coax me a little bit / C'est pas tous les jours dimanche ; No can do / I'm so all alone.

collection personnelle

Take it away / Coax me a little bit



Toujours à Londres elle participe au débuts de la BBC Television dans le studio de l'Alexandra Palace.

première française qui chante à la télé ?
France Soir 30/6/1946 (Gallica)

Le Front Ouvrier de Montréal
19 octobre 1946


U. S. A. / Paris / Londres / U. S. A. 
Après un bref retour en France, en mai 1947, pour des prestations dans une revue au Théâtre des Célestin à Lyon. New York l'appelle de nouveau, elle embarque à bord du Queen Elisabeth à Southampton le 27 août 1947. En novembre elle est engagée par la société DuMont, fabricant et producteur de télévision, pour animer sa propre émission, Café de Paris, sur la chaîne WABD. Son style original qui tranche avec la concurrence, ne semble pas du goût des critiques qui n'apprécient pas sa désinvolture, sa spontanéité et son humour. Néanmoins elle est The New Look in Television.

 
Radio Daily 1947 / Radio Mirror 1948



la java des matous

En 1948, elle enregistre deux chansons (La Polka des Fatigués et la Java des Matous) de Michel Emer, avec qui elle se produit sur la Riviera française au cours de l'été. L'épisode DuMont durera jusqu'en mars 1949, elle quitte la chaîne pour des raisons financières et retourne sur la scène, en avril elle se produit à Montréal.  Retour au Québec avec Michel Emer qui lui a composé des chansons nouvelles, le 1er avril elle fait ses débuts au cabaret Le Café de l'Est où elle chante durant plusieurs semaines, accompagnée par l'orchestre d'Eddy Sanborn. La presse la présente comme "la première chanteuse française à faire de la télévision en Angleterre et à avoir une émission régulière sur un réseau de télévision américain".  Michel Emer doit préparer une revue pour Broadway, Kiki, l'automne prochain, dont le rôle principal est tenu par Sylvie. Elle participe à une émission de la radio Poste CKAK, Les Etoiles de France, animée par Guy Mauffette. Fin mai elle est invitée à chanter pour le mariage de Rita Hayworth et Aly Aga Khan à Vallauris. Début juin elle est encore en France, signale le journal de Montréal Le Canada, en juillet elle est à Londres, au Suzy Solidor's Club et se produit à la BBC dans Cafe Continental. En Août on la signale sur la Riviera et en octobre elle participe à l'émission radiophonique de Gisèle Boyer Pile ou Face, avec Ned Rival. On la voit dans un extrait de cette émission, avec Gisèle, Ned et Michel Emer, dans le film de Pierre Gautherin, Au fil des ondes, qui sort dans les salles en 1951 pour aider à la reconstruction du village d'Epron dans le Calvados. En 1949, elle retrouve Gisèle et Ned à la Nuit de la Jeunesse à Aurillac dont il reste plusieurs photos, comme celle-ci, où elle tient, amicalement (?) la main de Ned Rival (1924-1995), elle est en compagnie de  Gisèle Boyer (1922-2010), Armand Mestral, Ginette Garcin, Jean Marco et Jean Dumas. 


Sylvie Saint-Clair à gauche
source : Archives Départementales du Cantal
Fonds Dumas-Rossignol cote 49 num 123



Sylvie SINCLAIR [sic]
vedette inconnue, 1949
sources Gallica

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Détective, 28/11/1949, collection personnelle

En novembre 1949, elle est interrogée comme témoin dans l'affaire de la rue Jean-Mermoz, le meurtre de son ami, et soupirant, Edward de Muralt, un Australien qui est tué par trois militaires. Elle a profité de sa présence en France pour trouver quelques contrats dont le Boccacio, boulevard des Capucines, à Paris. Puis elle retourne à Londres pour se produire dans la revue Latin Quarter jouée au théâtre du London Casino avec les Compagnons de la Chanson, alors au début de leur carrière.

Latin Quarter
collection personnelle

Café Continental
collection personnelle


Vers 1949-1951 elle est souvent à Londres, régulièrement invitée par la BBC Television pour l'émission Café Continental dont un rare programme d'une représentation au Dolphin Theatre de Brighton nous est parvenue qui donne le détail du spectacle sous forme de Menu en trois parties : Apéritif, Entrée et Spécialité de la maison, accompagné par l'orchestre de Sidney Bowman. Septembre 1951, l'agence, Sidney-Ascher Associates, achète une double page dans la revue professionnelle Variety : un CV distribué à des milliers d'exemplaires dans tous les Etats-Unis ! Les effets sur sa carrière ne tardent pas. Les contrats se succèdent à Chicago, Dallas, New-York, Los Angeles, San Francisco, etc. En 1952 elle est à Los Angeles, à Hollywood précisément, où elle vit une relation, qualifiée de "romance torride" par la presse, avec l'écrivain français Pierre La Mure, auteur du roman Moulin Rouge dont s'inspire le film qui obtient 2 oscars en 1953.

The International Singing Star

Durant ces années 1950, elle se produit dans les clubs, accompagnée par d'excellents artistes par exemple en février et mars 1956 à l'hôtel Knickerbocker d'Hollywood avec le Joyce Collins Trio. Puis à San Francisco en 1959 au Gotham Gay 90's. Dans ces années là, elle compose plusieurs chansons mentionnées dans le Catalogue des Copyrights, dont une au moins, Ma Chérie, est enregistré par l'orchestre de Wayne King

Ma Chérie, valse de Sylvie St-Clair
interprétée par Wayne King and his Orchestra en 1956


Un contrat aurait même été signé avec Verve Records, pour le label Roulette. En 1955 sa mère décède à Nice et son père adoptif en 1957, elle hérite des terrains agricoles situés à Courtisols dans la Marne. En 1958 elle participe à un disque de musiques et chansons 1900* : La Moutache à Papa.



trois chansons extraites du LP La Moustache de Papa


En mars 1959 elle est invitée au jeu télévisé de Groucho Marx, You bet your life. Fin 1959 elle participe au USO Tour (United Service Organizations).
Ensuite elle revient en France et joue le rôle de Caroline Reine de Naples, au théâtre de l'Ambigu, dans Madame Sans Gène, avec Jeanne Sourza dans le rôle titre. Pour développer sa carrière de comédienne elle sollicite divers auteurs, dont Jean Cocteau ; sa lettre est conservée à la Bibliothèque Historique de la ville de Paris, accompagnée d'une photo, avec au verso un CV résumé.

source : Bibliothèque historique de la Ville de Paris
/ Fonds Jean Cocteau

En 1961 sort un court métrage du cinéaste Arcady, l'Ondomane. Elle y est la partenaire du réalisateur. Ce film obtient un prix au festival de Tours en 1962. Cette année là elle enregistre aux Etats Unis un disque 33 tours de Fables de La Fontaine en anglais et en français, dont elle a fait les traductions et la musique interprétée par deux musiciens réputés, Robert "Bob" Dorough** et Al Schackman, on peut l'écouter ici. Elle anime ensuite une émission régulière destinée aux enfants sur WBAI à New York, ainsi que son émission Sylvie by Night diffusée à Philadelphie.
D'avril à juillet 1966, retour à Londres, à la BBC Home Service pour Sylvie by Day. En 1967 elle réside toujours à Londres, c'est à cette époque qu'elle commence à vendre les terrains de Courtisols hérités de son père adoptif. La même année elle fait la traduction de la pièce de Jean Cocteau, Le Bel Indifférent, le tapuscrit est conservé dans le fonds Jean Cocteau de la Bibliothèque Historique de la ville de Paris.

source : Bibliothèque historique de la Ville de Paris
/ Fonds Jean Cocteau

Ensuite, d'après le témoignage de Bob Dorough, elle aurait eu une liaison amoureuse avec un saxophoniste de jazz, qu'elle a aidé, vainement, à surmonter sa dépendance à la drogue. Puis elle aurait vécu quelques années avec le producteur Harley Usill, fondateur du label Argo Records, ils venaient régulièrement rendre visite au couple Dorough à Poconos (Pennsylvanie), on est dans les années 1970/1980, elle est alors domiciliée avec sa sœur à Los Angeles. Harley décède à Londres en 1991 et Sylvie à New York en 1996.

Christian Declerck



mai 1949 à Montréal
photo Gaby, source


Sources : Etat civil, Dunkerque-Sports, Ancestry.fr, FamilySearch.org, Archives.org, The Brooklyn Daily Eagle, The Montreal Gazette, Variety Magazine, The Miami News, The New York Evening Post, Alexandra Herald and Central Otago Gazette, The Bilboard Magazine, Image et Son, Programme WBAI, Genome.ch.bbc.co.uk, Qui ? Détective, Radio Mirror, Sponsor Magazine, Radio Album, Broadcasting Magazine, Florence Morning News, New York Magazine, Catalog of copyright entries, Catalogue DECCA, Bibliothèque municipale de Lyon, Bibliothèque Historique de la Ville de Paris et collection personnelle.
Mes remerciements à Jean Poirriez et Michel Steylaers pour leurs traductions.


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La Moustache de Papa, produit par Larry Shushan, Babary Coast Records, BC33018
Musiciens de l'orchestre :
Violons : Elliot Fisher, James Getzoff, Mme Elizabeth Waldo, Richard Bailey.
Trompettes : Jerry Rosen, Manuel Steven
Trombone : Harold Diner
Clarinette basse et clarinette : Lewis Ellenhorn
Clarinette : Morris Bercov
Flûte : Burnett Atkinson
Basson : Howard Terry
Flûte et clarinette : Mahlon Clark
Piano : Maurice Ellenhorn
Accordéon : Gene Garf
Basse et tuba : Ray Siegel
Percussion : Chester Ricord
Direction : "le prof. Pierre Chatouille"


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j'ai appris le décès de Bob Dorough le 23 avril 2018. Il m'avait transmis des informations sur sa rencontre avec Sylvie et leur amitié.


il célébrait ses 92 ans




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Généalogie de Nelly Chauveau


Les liens que vous avez manqués :

- l'ENSA
La moustache à papa (paroles et musique Sylvie St Clair)
- The Grasshopper and the Ant et autres fables de Jean de La Fontaine