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mardi 17 mars 2026

Charles Verstraete

mise en ligne le 29/07/25
mise à jour le 177/03/26 : ajout d'infos sur Bonte et Dupuy

 

 Charles Vertraete n'est pas vraiment un artiste oublié, il s'est chargé d'entretenir sa mémoire en publiant une biographie complète et généreuse, citant tous les artistes qu'il a côtoyés : De l'accordéon au trombone (2000).


Mais j'ai eu la chance d'acheter, il y a très longtemps, un disque 33 tours intitulé Aux 4 coins du Nord, dont le titre évoque une partition que j'ai dans ma collection. Je ne l'ai plus jamais revu depuis, ni même maintenant alors qu'on peut tout trouver sur l'internet. Il n'est référencé nulle part : c'est un disque oublié, sauf dans le livre de Charles Verstraete.

Mais c'est un disque intéressant car Charles y joue des indicatifs d'émissions de Radio Lille, des années 1950. L'émission Farandoles, animée par Edouard Rombeau et Bibos, est créée en novembre 1946, elle s'arrête en mars 1951. l'émission Au 4 coins du Nord n'a été diffusée que pendant quelques mois, d'octobre 1951 à septembre 1952. Le producteur, Maurice Cottinet (1900-1961), est nommé directeur de l'Opéra de Lille l'année suivante.

Face 1
- Sax-O-Fun, Rudy Wiedoeft
- Aux 4 coins du Nord, Edouard Rombeau / Maurice Cottinet / Victor Charlier
- La java du beffroi, Alex Ponchant / Jean Dewilde / Charles Demaele
- Ducass Waltz, Pierre Drucbert
- Mon p'tit galibot, Fernand Beurtheret / Charles Vertraeete
- Le destin du mineur, Casimir Modrak / Stanislas Ratajski
- Vive les mineurs, Charles Verstraete

Face 2
- Farandole, E. Rombeau / René Bernoville / Maurice Dehette
- Pour une fill' du Nord, Guy Bertret / Charles Verstraete
- Braderie-polka, Henri-Jacques Dupuy* / Florimond Bonte*
- La Douaisienne, Henri-Jacques Dupuy
- Au p'tit refrain la chance, A. Bellenge / Victor Charlier / Pierre Duhautois
- Un bifteack frites, Jacques Morlaine / Frédéric Babault
- Paris-Roubaix, Jean de Wilde / Maurice Bourlet

Les refrains sont chantés par Jean Dorbel (1926-2021), accompagné de l'orchestre de Charles Verstraete dont les noms des musiciens ne sont pas mentionnés.
 
Téléchargez ICI


trois chansons extraites du disque
 
 
collection personnelle

 

deux autres succès de l'émission Farandoles, coll. personnelle


1949 source : Gallica


Magazine Nord-France vers 1950 coll. perso
 
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* Florimond BONTE : c'est un régional aussi, comme Ch. Verstraete, puis qu'il est né à Tourcoing en 1890. Il a été instituteur, député, journaliste, sa biographie est dans le Maitron, il y manque les détails de son activité de compositeur. La BNF recense 54 de ses œuvres, dont la fameuse chanson Vas-y papa ! popularisée par les Frères Jacques dont il a fait la musique sur les paroles de :
* Henri-Jacques DUPUY : de son vrai nom Henri DUPUY, il est né à Tunis en 1915. Il est journaliste, auteur, compositeur, producteur de radio et de télévision. Il est mort à Paris 1986. Il a surtout composé pour l'accordéon musette, passionné par la musique populaire il était entré en contact avec Mme Guérin Mené de Grand-Fort-Philippe à propos du Bal Maritime à propos duquel il avait écrit les paroles d'une chanson. Plus d'infos ICI
 

 
 

 
 
 
 

mardi 20 janvier 2026

Jean Delacroix, artiste lyrique 1921-1977

 
collection personnelle
 
De cet artiste lyrique, nous ne connaissons que peu de choses. Il est né à Lille, 55 rue du Grand Balcon (près de la gare de Fives) le 22 mai 1921, fils d'Arthur, préposé à l'octroi et Mathilde Manderick, tous les deux nés à Lille. La presse nous apprend qu'il gagne un 5e prix dans un concours de chant, à Lambersart en juin 1937. Il est sans doute déjà élève du Conservatoire de Lille où il obtient un 1er accessit de solfège et un premier prix de chant la même année en juin 1939. Il est tantôt mentionné comme basse, puis comme baryton, qui semble être son registre par la suite. Il est professeur de musique à la ville de Lille pendant la guerre. Première mention de concert au théâtre Sébastopol en 1946, puis il quitte sa ville natale pour le théâtre de Reims en 1950 où il est premier baryton, revient à Lille l'année suivante, premier baryton à l'Opéra. En 1954 il joue à Paris, au théâtre de la Gaité Lyrique, dans l'opérette Chanson Tzigane. Retour à Lille en 1956, il chante dans l'opérette Andalousie au Théâtre Sébastopol
 
source : Gallica, Radio 54



En 1959 nous avons la chance de pouvoir visionner une vidéo d'une émission de Télé Lille, Le Magazine du Mineur, où il chante la Complainte de Sainte Barbe, une chanson de Simons sur la musique de Pierre Drucbert, il est accompagné à l'harmonica par l'accordéoniste Henri Dupont, comme il est mentionné sur le site de l'INA 
 

 
La chanson qui suit a été écrite par Auguste Labbe, sur la musique de Victor Absalon et Robert Solry, pour le chanteur BERTAL vers 1935. Il existait un enregistrement par Bertal réalisé le 8 décembre 1959 que Simons a diffusé lors de l'hommage au chanteur le 26 mars 1960 dans son émission Acoutez l'vaclette, elle était dans la discothèque de Radio-Lille. Pour la vidéo j'ai repris la seule version disponible, enregistrée par le baryton Jean Delacroix, sur le 30 tours Canchons ch'timis, avec l'ensemble Maurice Vittenet (1928-1988), publié au début des années 1960.
Il contient ces chansons :
- Lillos, rappellez-vous, pot-pourri lillois, A. Labe / V. Absalon-R. Solry
- Derrière l'43, Simons / J. Bols-P. Drucbert
- Carnaval à Dunkerque, marche, M. Vittenet-Ch. Jollet
- Elle s'appell' Françoise, Simons / V. Marceau-E. Pellemeulle
- A l'ducasse eud' Wambrechies, G. Ghestem - R. Roux
- La Fête à Douai, arr. Ch. Jollet
- La marche des accordéonistes du Nord, E. Basile - P. Drucbert
- Y'a trois filles à Saint Quentin, R. Desmoulins
- Les gueules noires, P. Drucbert - E. Blaszkiewicz
- La complainte de Ste Barbe, Simons - P. Drucbert
- Un clair de lune à Maubeuge, P. Perrin - C. Blondy
- Tango ch' timi, E. Rombeau, Ch. Jollet
- Si j'avos su, j'aros resté garchon, A. Labbe, V. Absalon
- Le p'tit Quinquin, Desrousseaux, arrg. P. Drucbert
on m'a demandé le disque entier, c'est ICI 
 

 Lillos, rapp'lez-vous !
par Jean Delacroix 
 
 
Sur la partition la mention "Chanson en patois de Lille, du film En avant la musique" fait référence au film de Gaston Schoukens, qui s'est appelé aussi Le roi des pommes de terre frites, le film est sorti en 1935. Bertal et sa partenaire Line Alexandre ne sont pas mentionnés au générique, mais la presse a relevé leur présence.
 

mardi 23 décembre 2025

Alcide MILLEVILLE, alias ROBERVYL

 
 

 Le succès d'un Roubaisien et d'une Tourquennoise à l'Opéra. L'Union des maîtres de chant français et notre confrère Comœdia ont donné, dimanche à l'Opéra de Paris, un concours de chant auquel étaient seules admises les voix graves barytons, basses et contralti. C'est en effet un Roubaisien, M. Alcide Milleville, âgé de 26 ans, domicilié 58 rue Saint Elisabeth qui sous le pseudonyme de Robervyl a enlevé le premier prix des barytons. M. Robervyl a fait une très forte impression sur le jury. Voici en quels termes s'exprime notre confrère Comœdia : M. Robervyl a fort diverti son auditoire en chantant le fameux monologue de Figaro dans le Barbier de Séville. Il s'y montre habile et roublard comme un vieux routier de la scène, cueillant des effets comiques comme s'il était déjà titulaire du rôle. Il est à la fois bon garçon, plein d'humour et de malice. Plus loin, dans le même journal, on lit encore : Il s'agit de quelqu'un qui possède dès maintenant un métier raffiné, une assurance entière, une variété d'expressions efficace. Il joue en même temps qu'il chanté. Il file la note aigüe et descend en souplesse jusqu’au registre en virtuose. M. Robervyl n'est d'ailleurs pas un inconnu de nos amateurs régionaux. Il chante assidûment au micro de Radio PTT Nord, et figure de plus parmi les chantres de l'église Sainte Elisabeth où il est particulièrement apprécié. M. Robervyl a, d'autre part, obtenu le premier prix d'honneur au concours du 14 juillet 1035, à Roubaix, et l'an dernier il obtint le premier grand prix au concours du "meilleur chanteur du Nord". Ce concours était aussi ouvert aux chanteuses et dans la catégorie des contralti, c'est encore une artiste de chez nous qui s'est distinguée, Mlle Maryse Vildy*, originaire de Tourcoing.
Journal de Roubaix 10/6/1936 
*contralto, active de 1934 à 1943, née vers 1905
 
Alcide Milleville est né à Croix le 8 avril 1910, il y épouse Irène Lefèbvre le 3 juin 1933. On sait qu'il enseigne déjà le chant dès 1930, 126 rue Jean-Baptiste Delescluse, puis en 1933 il est relieur au 31 de la rue du Parc, toujours à Croix. Dès 1935 il participe aux émissions de Radio PTT Nord. En 1936 il obtient le 1er prix d'un concours organisé par le théâtre national de l'Opéra de Paris (voir ci-dessus). De 1937 à 1939 il anime l'émission "Le quart d'heure de chant de Robervyl" sur Radio PTT Nord. En 1938 il se fait remarquer au Petit Casino à Paris dans un numéro qu'il vient de créer Chansons de mer qui lui procure plusieurs contrats dans des Music-Halls parisiens, il est accompagné par Mlle Sylvia Florin. Pendant la guerre il participe à de nombreux galas de bienfaisance au profit des prisonniers : Nos artistes mobilisés chantent toujours […] Le sapeur Milleville, connu à Roubaix-Tourcoing sous le nom de Robervyl, chanta une marche des sapeurs du génie dont il est l'auteur, avec la musique de la jeune compositrice Mary Lyse (Mlle Fernande Desbarbieux, du conservatoire de Roubaix). En 1942 il se produit en spectacle avec Simons au Gymnase Danrel à Lille, puis avec Line Dariel, Bibos, Bertal, Davril à partir de février pour la reprise des émissions de Radio PTT Nord sous la direction des Léon Plouvier.
Après guerre, les dernières mentions relevées dans la presse pour des concerts de l'Orphéon des Anciens Combattants de Roubaix qui se produit à Berck en septembre 1950 et septembre 1953. Il meurt à Roubaix en 1994, trois mois après son épouse. 
 
 
Rencontre (Denyse Soubrie, Jean Prez)
collection personnelle 

paroles de Robervyl, musique de Mary-Lyse
collection personnelle 

 
 
 

mercredi 17 décembre 2025

Verlor et Davril

 mise en ligne le 5/5/2018
mise à jour le 17/12/2025 : ajout d'un hommage par Yvan Levaï
 
Un duo fantaisiste originaire de Roubaix et Lille, qui a laissé plusieurs enregistrements.


toutes les illustrations : collection personnelle



Jan Davril

Il est né à Lille, rue de Fives, sous le nom de Roger Raux le 12 juillet 1922. Son père, Abel, est expert-comptable, sa mère, Marie Husquin, est originaire de Bruay-Labuissière. De son enfance, on sait qu'il est très attiré par la musique, le chant ; il se serait produit sur scène à huit ans. Il apprend aussi le piano et en joue si bien qu'il est retenu pour participer en septembre 1933, à l'émission des Matinées Enfantines de Radio PTT Nord. Il y interprète une composition de Maxence Gueniffey, Josette au Casino. En 1942 j'ai relevé son passage à l'antenne de Radio Lille sous son pseudo, il est accordéoniste tyrolien. La même année il se produit  aussi sur cette radio sous le nom de Roger Raux, il interprète des chansons de Charles Trenet, au même programme qu'Arlette Rucart, avec qui il se produit régulièrement dans les brasseries de Roubaix et Tourcoing



Le Journal de Roubaix, 11 décembre 1943

Gaby Verlor

Gabrielle Vervaecke est une enfant de la balle. Née en 1921, elle a à peine cinq ans quand son père, Victor Vervaecke, dit Verlor, comique troupier puis agent artistique, monte un spectacle et l'emmène sur les planches. Ils sont Les Gaby Verlor et se produisent dans les cinémas et brasseries de la région lilloise. Parallèlement elle suit des cours au Conservatoire de musique de Roubaix, et obtient un premier prix de piano, à l'unanimité avec félicitations du jury, ainsi que des distinctions en solfège, harmonie et histoire de la musique, etc.
Vers 1939, elle édite quelques chansons à compte d'auteur, dont elle compose la musique sur des paroles de son père : Ah ! le Jazz et La lettre du gosse. Elle les présente sur scène, notamment à Dunkerque vers 1940 au dancing Evo d'Arsène Arcier, transformé en café-concert pour cause d'Occupation.
Son père fait prisonnier, elle est évacuée avec sa mère à Pamiers dans l'Ariège. Elle y retrouve un autre réfugié lillois, Léopold Simons qui lui demande de composer la musique de sa revue : A la queue leu leu, jouée à Agen en juillet 1941, puis la même année, elle compose celle de la revue Les rois du marché noir, dont Ch'est l'pain, une des chansons en patois, créée par Line Dariel en juillet 1941, à La Madeleine. En 1942 elle écrit la musique de la revue Ça, c'est des jus, dont Te peux rev'nir Alphonse, chantée par Line Dariel. Après la guerre elle compose la musique de plusieurs chansons écrites par Simons : C'est toujours le printemps, créée par Bertal (1945) ; Du bonheur sans ticket, créée par Odette Chantal (1945) ; Oh ! Oïe ! Oïe, créée par Arlette Rucart (1945). Dernière collaboration avec Simons en 1950 pour la revue Attrape à Balou, avec Line Dariel, Simons, André Nadon, Line Alexandre, Corvelin, Denise Menez, Tony Royer, Ramys et l'accordéoniste Edmond Draheim.










Verlor et Davril
C'est en participant ensemble à la revue de Simons Ça, c'est des jus, en 1942, qu'ils se sont rencontrés. En mai 1944, Roger épouse Gabrielle et en juin on relève la première mention de leur passage au Café l'Universel de Roubaix. Le 11 février 1945, ils triomphent au Grand Théâtre de Lille dans le même spectacle que Mistinguett et Roger Nicolas qui leur conseille de tenter leur chance à Paris. Après une audition dans une brasserie située au dessus de l'actuel Caveau de la République, ils sont engagés au nouveau Casino de Nice (21 mai 1946). En novembre 1946 le couple fait la première partie de Georges Ulmer et Bourvil à l'ABC de Paris, un critique les remarque : Une mention spéciale aux Tyroliens… marseillais (sic) [sic] Jan d’Avril [sic] et Gaby Verlor, qui composent un dessin animé de trilles acidulées et de mimiques charmantes, dans un rythme inlassable
Leurs passages dans les grandes salles parisiennes se succèdent : Bobino, Pacra, l'Alhambra, l'Européen, le Gaumont-Palace. Ils entament alors une tournée internationale qui les mène, au Portugal, en Suisse, Belgique, dans les pays Scandinaves et en Angleterre où ils sont au programme de l'émission Café Continental, sur la BBC TV. 


coupure de presse, magazine non identifié

En 1952 ils interprètent leur propre rôle dans le film de Claude Cariven L'amour n'est pas un péché, dans lequel ils chantent la chanson Chiens et chats. C'est leur unique prestation filmée à ma connaissance.



© editions Atlas


Ils sont invités en 1954 à l'émission Paris Star Time pour le French Broadcasting System - North America. Leur interview par Lou Van Burg a été conservé dans cet enregistrement ICI.
En juillet 1954 ils répondent à l'interview de Germaine Ramos (La Semaine Radiophonique) : 
Composez-vous toujours vos chansons ?
Nous les faisions, au départ, presque toutes ; mais nous avons pensé que notre tour serait plus varié si nous faisions appel à l'autres compositeurs ; et maintenant nous n'en plus qu'une à nous : Ma petite amie et moi. nous avons par ailleurs, de deux jeunes compositeurs encore inconnus (et camionneurs de leur métier), Le Bon Dieu, [qui est de Julien Bouquet lui aussi livreur] ; Jeanne est amoureuse, de J. Plante ; Ma petite rime, de Dréjac et Constantin. […]
Depuis combien de temps êtes-vous dans le métier ?
Nous faisons le tour de chant depuis deux ans seulement. Mais auparavant nous avions monté un numéro international vocal, très visuel, habillés en tyroliens. Nous parlons anglais tous les deux, et chantons en italien à l'occasion. Nous travaillions sans cesse à l'étranger, mais à Paris on nous ignorait totalement. Alors nous avons décidé d'y tenter notre chance, avec des chansons toujours différentes, radiophoniques cette fois.
En octobre de la même année, le couple se sépare, le divorce est prononcé par le tribunal de la Seine. Mais le duo poursuit sa carrière professionnelle. Un tragique accident y met un terme en juillet 1955, Jan Davril revient d'un gala et sur la route entre La Châtre et Châteauroux, à Nohant près du château de Georges Sand, la chaussée est en mauvais état (il se serait endormi au volant selon une autre source*), son auto fait une embardée et il meurt le 11 juillet lors de cet accident. Gaby Verlor, après quelques années de retrait et une tentative en solo, devient la compositrice à succès que l'on sait.

Christian Declerck

Sources : Simons, 1901-1979, Association Toudis Simons, Lille, 1999 ; Nord Matin ; La Semaine Radiophonique ; Mon Programme ; Le Journal de Roubaix ; L'Egalité de Roubaix-Tourcoing ; Le Réveil du Nord ; Le Nouvelliste de Sion ; Rgards, magazine ; Verlor et Davril, légende de la chanson française, Marianne Mélodie, 1999. Et merci à M. B. Philippe pour ses informations recueillies auprès d'un témoin de l'accident de Nohant. * programme d'un concert à Bobino octobre 1957






La Voix du Nord



*****

A leur répertoire : vidéo, paroles/musique, (édition/enregistrement)

- Allez Lille !, Verlor et Davril (1953)
- Au loin dans la plaine, R. Marbot / S. Goldmann (?/1951)
- Au petit trot, Pierre Delanoë / Marc Fontenoy (1954)
- La ballade de Paris, Francis Lemarque (1954/1954)
- Biot, Jean Davril / Gaby Verlor (1954)
- Le bon Dieu, Julien Bouquet / Jean Lioret, Paulette Vethueil (1954/1955)
- Ca m'est égal, Jan Davril / Gaby Verlor (1951)
- Carnaval à Cuba, Pierre Amelot, A. Zmigrod / Alfredo Zmigrod (1949/?)
- C'est si facile de s'aimer, Jan Davril / Gaby Verlor (1951)
- Chiens et chats, Marc Fontenoy / Max François (1952)
- Delicado, Pierre Amel / Waldyr Azevedo (1951/1953)
- Dis à ta mère, Jean Setti / Josef Marais (1950/1950)
- Dis moi mon amour pourquoi Jan Davril / Gaby Verlor (1951)
- Dorothée, Jean Pierre Mottier / Strauss (1951/1953)
- La fête du tabac, Henri Ithier, René Denoncin / Pia der Moro (1952/1954)
- L'île des cocotiers, M. Fontenay, S Sept / D. Shapiro (?/1953)
- Jeanne est amoureuse, Jacques Plante / Yvon Alain (?/1955)
- Légère et court vêtue, François Llenas / Daniel White (1953)
- Line, Francis lopez (1952/1953)
- Lorsque je suis seul Jan Davril / Gaby Verlor (1950)
- Le mambo chinois, Robert Chical, René Denoncin / Jack Le Dru (1953/1953)
- Ma p'tite amie et moi, Jan Davril / Gaby Verlor (1953/1954)
- La marche des poulbots, Maurice Vandair / Yvette Horner (1949)
- Mam'zell' souris, Géo Bonnet, François Llenas / Chico Roberti, Jean Rignac (1952)
- Maria Cristina veut toujours commander, Mireille Brocey / Nico Saquito (1952/?)
- Mister Callaghan, René Rouzaud / Eric Spear (1952/1953)
- Moi… moi !, Pierre Dudan / Emil Stern (1951/1952)
- Oh ! Joe ! Joe ! Jan Davril / Gaby Verlor (1950)
- On l'appelait le petit homme, Jan Davril / Gaby Verlor (1950)
- Le petit âne brésilien, Fernand Bonifay / Guy Magenta (1954/1954)
- La petite Marie, Noël Barcy, Roger Vanay / S.M. Eyssen, Wessel Dekker (1951/1953)
- La petite rime, Dréjac / Jean Constantin (?/1954)
- Le petit tacot de Mexico, Geo Bonnet / B.P. Godinho (1950)
- Pipo le vagabond, Jan Davril / Gaby Verlor (1950/1950)
- Prenez mon cœur et mes roses, Fernand Bonifay / Tolchard Evans  (?/1953)
- Quand je pense à toi, Jan Davril / Gaby Verlor (1954/1955)
- Quand tu m'regard's comm' ça Jan Davril / Gaby Verlor (1954)
- Rita de Panama, Jacques Plante / A. Tabet, H. Leca (?/1951)
- Rose Marie polka, G. Liferman / M/ Harden (?/1953)
- Samba caramba, Louis Amade / Maurice Dehette (1949/1950)
- Tap et tip et tap Jan Davril / Gaby Verlor (1950)
- Toi qui disais, qui disais, Jean Claude Darnal / Dana Suesse (1952)
- Les trottoirs, Raymond Lévesque (?/1955)
- Yo de lai, Jan Davril / Gaby Verlor (1950)
 

 





hommage à Gaby Verlor par Ivan Levaï

mercredi 13 novembre 2024

Nellie Laurence (1938-2024)

Nelly Le Junter nous a quitté au début de cette année, discrètement.
 
source Gallica

Quelques textes récupérés sur l'internet :
Sa carte de visite : Née à Dunkerque [en 1938] d’un père Breton [d'origine bretonne, ses parents sont de Lannion, mais lui est né à Dunkerque] et d’une mère [d'origine] flamande. Surtout interprète, bien qu’elle ait elle-même écrit quelques chansons et lancé des idées aux auteurs qu’elle aime : Bergmann, Dimey, Darnal, Fanon, Fumière, J. Bouquet, Diéval, Robokowski et d’autres…
Elle est aussi comédienne : près de cent représentations en trois saisons avec la revue musicale de Boulogne
[voir plus bas]. Un répertoire riche, dans lequel elle puise selon les publics : salle, cabaret, chapiteaux ou dîner-spectacles. Ou encore celui des croisières, Méditerranée, Canaries, Iles grecques, Antilles, etc…
A l’étranger, elle mène son spectacle de chansons en anglais. Mais c’est en français qu’elle a gagné le Prix de la Meilleure interprète en cette langue au Festival mondial de Lisbonne. En télévision elle a été l’invitée de J. Kerchbron, J-M. Coldefy, J. Laviron, J-P Foucault et G. Bounoure, Sabatier, P. Sevran, mais aussi à Monte-Carlo, en Tunisie, Maroc et Espagne. Michel Drucker et J-P Elkabbach l’ont reçue dans leurs radios. Nellie Laurence à participé aux spectacles de S. Adamo, J. Halliday, J. Clerc, Lenorman, A-M. Carrière, Mouloudji, R. Devos et bien d’autres.
Discographie de qualité à travers plusieurs 45 t dont celui de l’Unicef (« Ouvrez les frontières ») et 30 cm (« Chansons en nord et en couleurs ».
Nellie Laurence est la créatrice de « Ville de Lille » une chanson de Michel Robokowski et J.C Daigle.
La carrière d’une artiste authentique, l’une des ambassadrices de la Chanson Française de toutes les époques. 
Quand la chanson se fait Femme, elle s’habille aux couleurs de la tendresse et de la passion. Elle caresse les mots des poètes avec  la complicité des tempos de la musique, pour que se marient sensibilité et fantaisie. Nellie Laurence appartient à cette race d’interprètes qui ont su mettre la chanson au féminin. A cette race d’artistes qui préfèrent la scène et le public vivant au disque éphémère.
Ils sont encore quelques-uns en France, à aimer la Chanson parce qu’elle est l’art le plus consommé de la communication.
Ecouter et regarder Nellie Laurence, c’est réapprendre que la qualité de la vie, c’est aussi ces mots et ces notes qu’une voix amie vient dire au cœur et à l’esprit.


La Voix du Nord du 6/12/2007
 —
Nelly Lefebvre est décédée, le mercredi 10 janvier. Pendant dix-sept ans, jusqu’en 2001, place aux Oignons, Nelly et Robert Lefebvre ont géré la Maison du terroir, lieu où s’exposait la peinture du Nord. À deux, lui l’ancien journaliste à La Voix du Nord puis à la télévision (« Les Rendez-vous du beffroi »), elle l’artiste, qui a chanté sur le France, a enregistré des disques sous le nom de Nellie Laurence, a participé la revue de Boulogne ainsi qu’à des tournées sur le car-podium de La Voix du Nord, ils ont toujours eu à cœur de défendre la culture flamande et patoisante. On leur doit aussi la création, à Lille, du Noël en ch’ti. Après le décès de son mari, en 2004, qui a aussi été membre du célèbre groupe des Capenoules, Nelly Lefebvre lui avait consacré un ouvrage, Robert Lefebvre, en Nord et en couleurs. Preuve, encore, de l’attachement du couple à la région.
VdN 15/1/2024

 *****
Quelques vidéos sont visibles sur l'internet, j'ai choisi celle-ci car elle est réalisée par Bernard Claeys, un Lillois bien connu sur ce blog

Une production de FR3 Lille en 1979, elle y chante :
- La femme saison (paroles Pierre Dubois, musique Philippe Barraqué)
- J'ai vu l'enfant (paroles de Nellie Laurence, musique Jean-Luc Drion)
- Le Myosotis et la rose (W. Boillod)
- La Côte d'Opale (Jean-Claude Darnal)

Direction musicale : J. Buisine et J.-L. Drion
J'ai réalisé celle-ci sur la chanson Dunkerque de Julien Bouquet



Discographie :
Ces nuits ces jours (Déesse DDP 109 M) (1967 ?)
Chansons en Nord et couleurs (Déesse DDLX 194)
Dunkerque, la chanson de l'anniversaire mai 40-mai 80 (Déesse DPX 740)
Mets l'amour dans les violons/Ma ville (Déesse DPX692)
Ouvrez les frontières (Unicef DPX 805).  (1983)
Que je le veuille ou non (Déesse DPX 675).

Revues boulonnaises :
1975 : C'est cor à voir, de Marvas
1981 : Quo q't'in pinses, de Ch' Guss et Jean Jarrett
1983 : C'est pon possible, de Ch' Guss et Jean Jarrett, spectacle filmé par FR3, produit par Robert Lefebvre, réalisé par Bernard Claeys
source : Un siècle de revues patoisantes boulonnaises, Claude Faye, 2003


1974, source : Archives municipale de Boulogne/Mer

samedi 28 octobre 2023

Emilienne Duchastelle, alias Rose TELL

J'ai trouvé (avant 2000), sur la brocante de Wormhout, un lot de documents lui ayant appartenu : une vingtaine de contrats, des lettres, des photos d'artistes régionaux dédicacées (voir en bas de page) et des photos personnelles (certaines très intimes), ces papiers étaient en vrac dans une caisse, le vendeur n'avait certainement pas regardé ce qu'il vendait, j'ai acheté le lot pour quelques francs, et grâce à ces documents j'ai pu reconstituer sa brève carrière artistique. Ses débuts, son apprentissage, si il y en a eu, me sont inconnus. 

Le 17 novembre 1909, Edmond va à la mairie de Dunkerque déclarer la naissance d'Emilienne qui a vu le jour le 15, il est accompagné de deux témoins : Gaspard Louis ROSE, le grand-père du bébé (cordonnier, mais aussi contrebassiste au théâtre) et Jules Georges ROSE, son grand-oncle (professeur de musique et directeur de l'Union Chorale). Edmond, né à Dunkerque dont la famille paternelle est originaire de Calais et Furnes, exerce plusieurs professions ; il est tour à tour, ouvrier du port, employé de commerce et chauffeur de taxi. Il se marie en 1909 avec Germaine ROSE, mais divorce en 1911, puis se remarie en 1919 et divorce de nouveau en 1921…  en 1936, il habite au 2 rue des Brigittines à Lille, il est mort à Paris l'année suivante. Sa mère se remarie avec un Lillois en 1920, Henri Lefèbvre. Quand celui ci meurt en 1933 à Wattignies, Emilienne a déjà quitté le foyer parental depuis plus de cinq ans.

Emilienne Duchastelle
collection personnelle

Le Moulin Bleu

Le premier document en date est un contrat des Tournées Moreau, à Paris, envoyé à Emilienne, poste restante (?) à Lille Bourse. Elle est engagée pour la saison 1928/1929, je n'ai pas le détail du contrat, ni d'autres informations, seule mention "En principe les répétitions commenceront le 20 juillet, il faudra donc que vous soyez à Paris à cette date". Une lettre recommandée suivra avec des précisions, lettre que je ne possède pas. Le document suivant, à l'entête du Théâtre du Moulin Bleu, me donnera une piste pour connaître les détails.

Je soussigné Pierre Murio, administrateur général du Théâtre du Moulin Bleu, certifie que Mlle Emilienne Duchastelle a été employée au dit théâtre en qualité de "petite femme" au cours de la Revue A Nu les Belles Filles. Le 19 octobre 1928.


Le Moulin Bleu ! un haut lieu du spectacle nu parisien, situé 42 rue de Douai, elle démarre fort la petite Dunkerquoise, à 18 ans elle est encore largement mineure ! et je doute que ses parents aient donné leur accord. Comment est-elle arrivé là ? on ne le saura jamais, hélas. Heureusement la presse nous donne des précisions sur ce spectacle, la répétition générale a lieu le 27 juillet et la première le lendemain. Elle y joue donc tout l'été 1928. Je n'ai pas trouvé de photo de ce spectacle mais une autre revue, jouée en avril dans le même théâtre, nous donne une idée des "costumes" déshabillés de ces dames.

Source

Après cette expérience, il y a un trou de plusieurs mois dans sa carrière. Puis, en janvier 1930, les Tournées Ramos-Berthams-Brunettys, de Paris, lui proposent un contrat d'engagement pour la revue Tout à l'Humour, appointements : 550 francs par mois + 15 francs par jour de défraiement en province, et il est prévu un dédit de 550 francs. Les débuts sont prévus pour le 4 janvier 1930, mais les répétitions sont gratuites. Elle est alors domiciliée au 165 boulevard de la Villette. Là aussi la presse nous détaille une partie des lieux de représentations : en janvier à Chartres ; puis à Paris (Casino St Martin) en février ; en mars à l'Olympia de Dijon puis à Fontainebleau au Cinéma Select et enfin, au moins dans la presse, au Kursaal de Versailles, le 27 mai. Après quelques mois de vacances, j'ai relevé dans la presse son passage au Casino du Crotoy, dans la revue Caf' Concert Paris 1900, où elle tient un rôle de "petite danseuse". En 1936, elle est résidente à Limoges, 10 rue Prépapaud (une rue réputée pour ses maisons closes), c'est à Limoges qu'elle épouse le chanteur lyrique, Edmond Dastan, alias DRAMY, le 1er décembre 1936. Dramy, né en 1885, est un artiste lyrique et comique qui se produit depuis au moins 1908. Il est alors dans la Marine Nationale et en parallèle il chante à L'Eden, café concert de Brest, par exemple. Le couple emménage à Lille vers 1938. Lui est speaker à Radio PTT Nord, il présente une demie heure de fantaisie, puis en 1941, l'Heure des Amateurs. Pendant la guerre, ils créent une troupe éphémère : Dramy-Hett et sa compagnie, qui donne en avril 1941 plusieurs concerts de bienfaisance au profit des prisonniers de guerre. Dramy-Hett, c'est très probablement notre dunkerquoise qu'on surnomme La Poupée qui Chante dans le programme. Mais le couple bat de l'aile… en décembre paraît cette petite annonce : Edmond Dastan, dit Dramy, artiste lyrique, 48 rue Gustave Delory à Lille, déclare qu'à la date du 20 septembre 1941 il ne reconnaîtra plus les dettes contractées par son épouse, née Emilienne Duchastelle. Je ne sais pas si le couple se sépare vraiment, Emilienne reçoit toujours son courrier et ses contrats à cette adresse jusqu'en 1956. Ils divorcent officiellement en janvier 1946.



Nord Spectacles, 40 rue du Plat, Lille

Nord Spectacles

La vingtaine de contrat de l'Agence Nord Spectacles, signés de Bertal, nous donne une idée assez précise de sa petite carrière lilloise entre août 1945 et janvier 1949. Elle est employée dans les nombreux cafés-spectacles de la région lilloise et même en Belgique : le café Pichoff à Fives, le café Colpaert à Roubaix, le café de la Cloris à Douai, le café de la Douane à Tourcoing, le café de la Paix à Armentières, le café Julien à Mouscron, le café de M. Vanhuysse à Cappelle en Pévèle. En avril 1946 elle fait une tentative de recherche de contrat, à la Taverne Chanteclair à Reims, mais reçoit une réponse négative. Elle reprend ses prestations dans les petits lieux régionaux : le café Continental à Menin, plusieurs contrat au café Vens Dedecker à Halluin, au Chat Rieur à Roubaix, au café de la Douane à Tourcoing, au Pingouin à Charleroi, au café Rogers à Houplines, retour au Chat Rieur à Roubaix, un café 8 Hofstraat à Thourout, le café Métropole à Braine le Comte, le café Blomme à Mouscron et son dernier contrat (en ma possesion) au café Rogers à Houplines. Pour tous ces contrats on connait le détail des cachets qui s'échelonnent de 450 F par jour pour le premier, à 2.000 F par jour pour l'avant dernier. Les frais de voyage, repas et logement sont à la charge de l'employeur occasionnel, qui doit aussi payer 10 % d'honoraires à l'agence de spectacles.

Je n'ai aucune information jusqu'en février 1956. A cette date, elle signe un contrat de placier/représentant de commerce pour la société S.V.P. 237 rue d'Arras à Lille. Elle est chargée de placer des savonnettes et autres produits d'encaustique, elle touche 35 F pour chaque vente de 180 F.

Que fait-elle ensuite ? je ne sais. En 1975 elle est décorée (de quoi ?) comme l'atteste une photo parue dans le journal Nord Martin. Elle se remarie en 1978 avec André Wullepit, comptable, né au Mans en 1916, résidant à Lille depuis 1939 et divorcé en 1950. C'est probablement celui qui est présent sur les photos personnelles, il est musicien, saxophoniste dans un orchestre au dancing Le Versatile, il joue aussi du soubassophone (ou sousaphone).

Elle meurt à Lille en janvier 1991 à la Cité Hospitalière, son second époux est décédé en 1986.

Christian Declerck
28 octobre 2023



à Lille et alentours, avril 1941


Edmond Bommerez 1929-2011


le contrat Chez Julien à Mouscron

Trio Noé Dudule
clowns parodistes musicaux



l'orchestre du dancing Le Versatile


décorée en 1975
photo Nord Matin



vendredi 7 octobre 2022

Refala et Bibobi

Deux artistes de cirque et de music-hall, dont les pseudonymes n'ont pas facilité la recherche.


Réfala, ou parfois écrit Ré-Fa-La, m'a d'abord intéressé par sa présence au Casino de Malo les Bains mi juillet 1909. Le MUCEM conserve trois cartes postales de Réfala et Cœcilia, dont une (ci-contre) porte au verso cette correspondance : Pargan [sic] 5-7-09 Madame Rubini / Nous partons à l'instant même pour aller passer / une dizaine de jours à Malo les Bains en même temps / faire un petit engagement au casino. / Je vous serais reconnaissant de bien vouloir m'écrire à l'adresse ci-dessous, si vous avez une communication / à me faire / dans l'attente, agréer, Madame / nos cordials [sic] sentiments / Refala / Poste restante / Malo-les-Bains

De longues recherches n'ont jamais abouti pour découvrir sa véritable identité. Un article du Grand Echo du Nord, en 1912 lors de son passage au Cirque Palisse, nous indique qu'il est Lillois d'origine, ancien mécanicien il a eu un soudain intérêt pour la scène en voyant un clown musicien jouer sur "des instruments bizarres". Rien de plus n'a filtré des très nombreuses mentions relevées dans la presse de ses 40 années d'activité. J'ai été contacté il y a 7 ans par une généalogiste qui faisait les mêmes recherches que moi, Mme Sylvie Lebœuf de Mons en Barœul. Elle aussi butait sur ce musicien qui était apparenté à sa famille mais dont il ne restait que le souvenir et le pseudonyme transmis de génération en génération. Lors de ce contact elle fait mention d'un frère ou un cousin de Réfala, également artiste sous le pseudo de Bibobi. Je n'avais pas accroché à cette info, occupé par d'autres recherches prioritaires.

Mais récemment, je retrouve dans mes mails ce pseudonyme Bibobi, plus souvent écrit Bi-Bo-Bi, artiste excentrique, clown musical. Les recherches sont aussi difficiles qu'avec Réfala, des centaines de référence dans la presse, mais aucune info permettant de l'identifier. Seule une mention précise qu'il serait Lillois, également, surnommé le Siffleur de Saint Sauveur. Après quelques heures de recherches, je suis enfin tombé sur une page qui m'a donné quelques clefs pour démarrer.

Réfala : c'est Eugène Dominique DESCHEEMAECKER, né à Gand le 9 mai 1877, fils cadet d'Emile, menuisier modeleur et Adélaïde DE WEVER. Il épouse Fernande LAPIERRE, à Schaerbeek en 1906. Elle est née à Laeken en 1889, fille de Louis et Philippine DE VLEESHOUWER. On peut suivre la trace de Réfala dans la presse, avec sa partenaire (et épouse ?) Cœcilia jusqu'en 1912, puis seul jusqu'en 1940 où il se produit à Gand au cinéma l'Oude Belgie. Je n'ai pas trouvé la date de son décès.
Bibobi : c'est Emile Liévin DESCHEEMAECKER, né à Lille 60 rue Fontenoy, le 26 février 1871, fils aîné d'Emile et Adélaïde. Comme les minstrels des Etats Unis, c'est maquillé en "nègre" qu'il se produit dans les café-concert et les cirques, la première mention relevée est en 1894 à Angoulême, à l'Alhambra Concert : "nègre burlesque dans ses excentricités musicales". En 1903 le journal de Troyes nous donne une description intéressante du musicien : "Cirque Ducos Loyal, le nègre Bi-Bo-Bi, que le programme désigne sous le titre de burlesque musical. Pourquoi burlesque ? Parce que Bi-Bo-Bi - qui n’est pas plus nègre que vous et moi - porte un costume excentrique, parce qu’il adapte à ses paupières un truc qui fait qu’il parait avoir un œil rouge et l’autre vert ; parce qu’il s’asseoit sur le dossier d’une chaise pour jouer délicieusement de délicieux morceaux ; parce qu’il agrémente ses remarquables auditions de réflexion humoristiques ; enfin parce qu’il a beaucoup de verve et de fantaisie dans ses blagues et dans ses gestes. En réalité Bi-Bo-Bi joue avec infiniment de goût, sur son violon en forme de pipe et qui n’a qu’une corde, avec ses clochettes, avec ses écrans de grelots, les plus beaux airs d’opéra et cela avec une grande virtuosité. C’est pourquoi l’on rit très peu de ses plaisanteries et que chacun écoute avec plaisir ses remarquables auditions, et c’est pourquoi que cet excellent numéro reste au programme du cirque Ducos-Loyal." On suit sa trace jusqu'en 1927 au Casino de Lille. Il serait mort à Londres en avril de l'année suivante, il est inhumé au Streatham Park Cemetery Variety Artistes Memorial
Sa vie amoureuse est mouvementée : vers 1889 il a une relation avec Olympe BARTHELET qui lui donne deux enfants : Emile Julien (1889-1939) et Amélie née en 1892. Premier mariage en 1894 à Namur avec Héloïse LOUIS, artiste lyrique née à Paris en 1860, décédée entre 1930 et 1939. En 1906 il a une fille (Paulette), non reconnue, avec Marguerite PALLUY (artiste lyrique). Vers 1908 il épouse (?) Martha STRANDERS (trapéziste) dont il a un fils, Emile Albert (Londres 1917 - Auckland 1993), qui garde le pseudonyme de son père comme patronyme et fait une carrière de guitariste professionnel réputé (voir sa nécrologie au bas de cette page).

Christian Declerck, 5 octobre 2022



Réfala


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collection personnelle ©

Dans ma collection, cette partition de Charles Delabre,
non datée, pour un petit orchestre,
pourrait avoir été composée pour l'artiste.
Charles Delabre : un musicien lillois venu s'installer à Malo
Ré-Fa-La : un artiste lillois de passage à Malo.
Ils se sont forcément croisés.

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Ville de Paris / Bibliothèque historique, 1-AFF-001859
source



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Emile Bibobi fils
in Classical Guitar
september 1993
téléchargé ICI