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mardi 17 août 2021

Adrien Marès, un gamin de Dunkerque

page créée le 12/8/2018
mise à jour le 17/8/2021 : ajout d'une bio de la famille Marès


Un gamin d'Paris, par Mick Micheyl


La Voix du Nord 4 mai 1990 : Si la musique qu’il avait composée pour Un gamin de Paris traîne encore sur toutes les lèvres, son nom est sans doute peu connu du grand public. Adrien Marès qui écrivit la musique de la célèbre chanson écrite par Mick MICHEYL, est décédé, mercredi, à l’hôpital Henri-Mondor de Créteil. Adrien Marès, pour l’état civil Adrien Jules Marès, était né le 7 novembre 1905 à Dunkerque où son père était cafetier. Après ses prestations sur les scènes dunkerquoises, le musicien devint accordéoniste-saxophoniste-gagman, de 1936 à 1940, dans l’orchestre de Ray VENTURA et ses collégiens. Plus tard, il joua dans l’orchestre de Jack HÉLIAN, Raymond LEGRAND et Alix COMBELLE et accompagna de nombreux musiciens américains lors de leur passage à Paris (Bill COLEMAN, Benny CARTER, Django REINHARDT, etc). La musique d’Un gamin de Paris lui rapporta des droits d’au­teur jusqu’à la fin de sa vie et lui valut un immense succès que n’égalèrent jamais ses autres titres, comme Pacha, Ça va comme ça… Il s’était retiré, il y a quelques années, à Choisy-le-Roi (Val de Marne).
La Voix du Nord 5 mai 1996 : […] Adrien Marès apprit la musique et joua aux Ar­cades, à la Brasserie de Londres, au dancing Belle-Vue (devenu plus tard “Normandie”) et même au cirque Palisse, avant de se produire à Bucarest, en 1926, et en Allemagne, 1930. En 1934, à Malo, il rencontra une Parisienne [née à Tourcoing] qu’il épousa et il partit vivre dans la capitale. Là, il entra dans un grand or­chestre de variétés, celui de Raymond LEGRAND, puis chez les Collégiens de Ray VENTURA avec lesquels il joua à Paris et dans de nombreuses villes de province et tourna en 1938 le film “Feux de joie”. 
Après la guerre, il entra dans l’orchestre de Jacques HÉLIAN, puis parti en tournée avec André DAS­SARY dans le Sud-ouest. De retour à Dunkerque, il joua de 1949 à 1953, au “Roulis”, un café-dancing [situé place du Kursaal], avant de travailler en particulier comme ven­deur-démonstrateur au établissement Paul Beuscher. […]
Serge Blanckaert (La Voix du Nord)



Quelques unes de ses compositions :
- C’est un coin de ciel bleu, paroles de Nick Frionnet et André Grelley, musique de Adrien Marès et Marcel Huc, chanté par Fabia Gringor*, Paris, édit. F Salvet. (1955)
- C’est une rengaine, valse, musique d’Adrien Marès (1943)
- Cabaret, valse, musique d’Adrien Marès, accordéoniste de l’orchestre Jacques Hélian, Comptoir musical Français, Paris
- La chapelle aux genêts, paroles de Nick Frionnet, musique de Adrien Marès, créée et enregistrée par Mireille Arrieu, Roger Kerrec et Fabia Gringor, Paris, édit. JAMO (1955)
- Ciel du Nord, paroles de Louis Grenier et André Grelley, musique de Adrien Marès et Nick Frionnet, chanté par Fabia Gringor, édit. JAMO, Paris (1955)
- Un dimanche, valse à variations, Paris, édit. Musicales Paris-Monde (1943)
- Escamillo, paso-doble, paroles de Paule Delyl, édit. V. Marceau (1958)
- Fête à Séville, paso-doble, paroles de Paule Delyl, édit. V. Marceau (1958)
- Le gamin d’Paris, chanson du film Paris, c’est toujours Paris, paroles de Mick Micheyl, chantée par Yves Montand, Patachou, Lucien Jeunesse, Janine Toscane, Maria Vincent, Ginette Baudin, Georgie Viennet, Francis Linel, Monique Leyrac (1951)
- Mambo-nuevo, mambo, musique d’Adrien Marès, Paris, édit. Séduction (1956)
- Nathalie, valse, Paris, édit. Musicales Paris-Monde (1943)
- Petite Suisse, step marche, musique d’Adrien Marès, Paris, édit. Réginald Chassegué (1957)
- Près de toi, valse (1943)
- Rue du chien vert, musique Adrien Marès, paroles René Clausier, édit. Francis Day (1956)
- Señor Llorca, mambo guaracha, paroles de Michel Allegro, musique de A. Marès, arrgt Jo Tournet, Paris, M. Cayla (1955)
- Soir de kermesse (1943)
- Vive le facteur, step marche, musique d’Adrien Marès, Paris, édit. Réginald Chassegué (1957)

* Fabia GRINGOR, pseudonyme de Rachilde LE DOCTE (1919-2018)

Son impressionnante discographie ICI



merci à Sheri Mignano, qui nous interprète Cabaret



interprétée par Marceau Verschueren










collection personnelle



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Les liens d'Adrien Marès avec Dunkerque

Adrien Jules MARÈS est né à Dunkerque le 4 novembre 1905, au 17 de la rue du Moulin à Poudre. Fils de François et Marie MAES, nés à Gystel en Flandre Belge en 1871 et 1877. Son père est considéré comme le plus ancien accordéoniste de Dunkerque dans un article de décembre 1928 qui présente le premier concert de la nouvelle société d'accordéonistes créée à Coudekerque Branche quelques jours plus tôt. Ce qui est confirmé par un autre article paru en 1906, à l'occasion d'un fait divers intitulé "Drame conjugal" on apprend que François MARÈS est accordéoniste dans les "établissements hospitaliers" de la rue des Casernes de la Marine. En rentrant plus tôt de son activité il surprend son épouse avec son amant qui lui tire dessus avec un révolver. François et Marie sont tous les deux nés à Gystel, sur leur acte de mariage, en 1897 dans cette commune, il est mentionné que la mère de François, Rosalie VERDIEVEL, est décédée à Dunkerque en 1896, alors domiciliée avec son époux, cité Jean-Bart, à deux pas de la rue de l'Abreuvoir où est née Yvonne, la sœur d'Adrien. La famille Marès a donc des attaches anciennes avec Dunkerque.
François déménage très souvent dans ce quartier après avoir vécu quelques temps à Rosendael où naît Adrienne en 1903. Il tient un estaminet au 17 rue du Magasin à Poudre, au 13 rue du Moulin à Poudre, puis au 16 rue de Magasin à Poudre (1910) et au 24 même rue en 1914. Il est absent de l'annuaire de 1922. En 1929 la presse publie l'annonce de la cession de son commerce de boissons avec chambres meublées situé au 14 bis de la place du Palais de Justice. En 1930, il est cafetier 30 rue Sainte Barbe et enfin en 1938, son café est situé à Malo les Bains, rue de la Plage. Il meurt à Dunkerque en 1950.


le quartier où est né Adrien MARÈS



un "établissement hospitalier"
de la rue des Casernes de la Marine


vendredi 17 juillet 2020

Arthur Leducq et Jane Sterly

Arthur Leducq

Né à Cambrai le 23 mars 1873, Arthur Leducq est un des nombreux compositeurs de musique populaire de la Belle-Epoque. Musicien et chef d'orchestre, il demeurait 51 rue d'Orsel, à deux pas du théâtre Montmartre.
A sa naissance, son père, Jean Baptiste, est tisseur, originaire de Boussières-en Cambrésis, comme son grand-père, mulquinier à domicile. Sa mère a une origine inconnue, née vers février 1833, elle est déposée en 1835 au tour de l'hôpital général de Cambrai. Un billet épinglé sur ses vêtements donne son prénom, Ugénie, et demande de ne pas la baptiser, mais l'officier d'état civil lui impose le nom d'Hélène Paléon. Les parents d'Arthur deviendront restaurateurs à Cambrai, 4 place au Bois, puis, au décès de son épouse, le père rejoindra son fils à Paris.
Arthur Leducq a laissé peu de trace dans la presse et les archives disponibles en ligne. Lors de sa conscription on sait qu'il est élève au Conservatoire de musique de Paris, quelques années plus tard on le mentionne flûtiste, professeur ou artiste musicien, l'Annuaire des Artistes ne les distingue pas, changeant de domicile souvent. On sait qu'il compose, mais la BNF (ici et ici) ne conserve qu'une vingtaine de ses partitions publiées entre 1903 et 1924. On y trouve principalement des musiques de danses, valse, mazurka, polka, schottisch, deux danses nouvelles (La Levrette et Donkey's Trot) et quelques marches, militaires à l'approche de la guerre. Il est aussi éditeur pour quelques unes de ses œuvres et pour une marche sur la chanson cambrésienne, Martin Martine, arrangée en 1880 par Cyriaque Chaulier (1849-1897), chef de musique au 1er régiment d'artillerie à Douai. Mais surtout il est le compositeur de la fameuse polka Rossignol Montmartrois, composée (vers 1912) pour son instrument, la petite flûte, qui, comme plusieurs autres mélodies de cette époque, ont été adoptées par les accordéonistes et toujours jouées de nos jours. Voici la version d'Emile Prud'homme :





A son mariage en 1914, il se déclare chef d'orchestre (en 1921 et 1922, la presse mentionne son nom comme chef d'orchestre du Splendid Cinema Palace de l'avenue de La Motte-Piquet) et son épouse, Jeanne Sterli est dite sans profession. Pourtant elle déclare, lors de la naissance de ses deux fils, une profession intéressante, artiste lyrique, et cette fois il y a de la matière, au moins pour ses débuts.

Jane Sterly

Gaétana Jeanne Rose Sterli est né sur les bords de l'Yonne, près de Sens, à Saint Denis le 30 octobre 1880. Son père, Gaétano, est originaire de la Suisse italienne, il est alors ouvrier dragueur, il deviendra restaurateur à Soissons. Sa mère, Pauline Dujon a des racines picardes, elle est née à Acy dans l'Aisne et ses parents sont originaires des environs de Soissons. Son arrière grand-père était berger.
Jeanne, son prénom usuel, fait ses débuts d'artiste en février 1898, elle n'a pas 18 ans. Elle se produit lors d'une "Veillée artistique de Plaisance", avenue du Maine. C'est la reconstitution d'une veillée berrichonne où sont parfois invités aussi des vielleux et joueur de musette, elle y est costumée d'une façon ravissante et chante des vieux airs de France.
Quelques mois plus tard on la retrouve pour l'Œuvre du Soleil, dirigée par Eugène Diaz et Gabriel Montoya, salle des Agriculteurs de France. Ses prestations la font remarquer, car l'année suivante elle est engagée au Théâtre du Grand Guignol, rue Chaptal, dans la revue A St Lazare, elle y joue un petit rôle : la manucure. Un mois plus tard, dans le même théâtre, elle prend du galon et interprète le rôle titre de la revue de Pol Héric et Marcel Tourrette, Tototte. Elle impressionne un critique, qui écrit dans Gil Blas : Pour cette dernière, que je gardais pour la bonne bouche, c’est Jeanne Sterli - Une véritable révélation ! Tout Paris voudra voir et entendre cette mignonne et ravissante brunette, comédienne vive et chanteuse spirituelle."  deux mois plus tard c'est toujours le même succès "Tototte, la charmante opérette de MM. Pol Héric et Marcel Tourrette, continue sa brillante carrière au Grand Guignol de Montmartre. Mlle Jeanne Sterli, exquise de gaminerie, d’entrain et de fantaisie, y est fort remarquée, tant pour son charme et sa joliesse que comme artiste et comme chanteuse. Cela lui vaudra de signer en 1901 un contrat avec les directeurs de la Gaité-Rochechouart et du Concert-Européen. Les photographes et éditeurs de cartes postales se l'arrachent et l'on trouve toujours plusieurs dizaines de modèles différents en vente sur les sites spécialisés.



En 1903 elle fait savoir qu'elle est en tournée en Roumanie, à Budapest. Cette escapade en Europe lui donne sans doute le goût des voyages car en septembre 1903, Le Figaro publie cet entrefilet : Une gentille globe-trotteuse qui fut remarquée au Moulin-Rouge et à la Gaité-Rochechouart, Mlle Jane Sterly, nous donne de ses nouvelles. Prise de la fantaisie de voir du pays et de gagner de l'argent, la petite artiste, seule, sans appui, ne parlant que le français naturellement et l'italien, partit un beau jour de son pied le plus léger pour faire une tournée comme chanteuse excentrique quatre mois en Russie à Saint-Pétersbourg et Moscou où son succès fut des plus vifs. Maintenant elle triomphe au Grand Théâtre Favorosi Orfeum de Budapest, bien que totalement ignorante de la langue allemande. Mais il faut croire qu'on y apprécie tout de même les artistes françaises puisque Mlle Sterly est, tous les soirs, applaudie et rappelée. De là, l'intrépide jeune femme, elle n'a pas vingt ans reviendra par l'Allemagne, l'Italie et peut-être l'Espagne. Comme on le voit, la fortune sourit volontiers aux audacieuses et notre charmante compatriote a voulu donner raison au proverbe. En septembre 1905 elle est engagée aux Folies Bergère, dans le ballet féérique Antinoa, pour le rôle de Cupidon. Elle a probablement interrompu son contrat car elle est enceinte depuis 3 mois.

source Gallica


Elle abandonne la scène pour s'occuper de son premier fils, Arthur, né le 2 mars 1906, à son domicile 5 rue Burq. Un second fils, Paul, naît en 1909, elle est alors domiciliée 32 rue des Abbesses avec Arthur Leducq qui reconnaît son fils. Il reconnaitra le premier en 1913, un an avant leur mariage. Arthur fils (musicien) est mort en 2003 à Brunoy (Essonne), Paul (linotypiste) en 1997, à Draveil (Essonne). Des mentions dans la presse, en 1920, signale la participation de Jeanne Sterli à une revue du Moulin Bleu A la Rolls… Rosse, une tentative de retour sur la scène sans lendemain.
Arthur meurt le 2 juillet 1939, Jeanne décède à Paris le 18 février 1968, elle est domiciliée 22 rue Durantin. Sur son acte de décès elle est toujours dite artiste lyrique.

Christian Declerck
17 juillet 2020

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Complément
L'un des interprètes d'Arthur Leducq est le chanteur JUNKA qui a une certaine renommée au début du XIXe siècle. En creusant un peu sa biographie, je découvre que bien que né à Bordeaux, il se marie à Amiens en 1902 avec Alfrède Estelle SELLIER, née à Amiens en 1872, il est alors bijoutier, mais cela ne doit pas être son activité principale, car son épouse est déjà connue comme artiste de café-concert. Elle se présente déjà comme Mme Junka au Casino de Reims en 1891, et à l'Eden Concert de Paris en 1892 Ils forment ensuite un duo pendant quelques années que l'on retrouve à l'Alcazar d'Angers en 1905, puis dans quelques café-concerts à Paris (La Pépinière et L'Etoile Palace) en 1907-1908. Autre lien avec notre région, après la guerre, vers 1919, il dirige un hôtel-restaurant à Arras. Le couple dirigera ensuite la maison de retraite des artistes à Ris-Orangis à partir de 1932, c'est là que décède son épouse, en 1948, Léonce Junqua, son vrai patronyme, lui est mort en 1945 à Paluaud (Charente).

vendredi 30 novembre 2018

Albert Cousu, musicien dunkerquois



Albert Cousu en 1952, pianiste de l'orchestre JYR (collection Yvon Cassez)
source : La Voix du Nord novembre 1987

Le Nouveau Nord du 20 janvier 1959 : 
Albert COUSU s’est éteint samedi à l’âge de 80 ans en son domicile de la cité du Kursaal, ainsi disparaît l’un des témoins des plus fidèles de près d’un demi-siècle de la vie collective dunkerquois. Car quelle revue locale, quel spectacle de variétés n’a pas porté à son générique « arrangement ou accompagnement d’Albert Cousu » ? qui pourrait compter le nombre de sapins de Noël au pied desquels cet infatigable musicien a joué du piano ou dirigé des ensembles ? Albert Cousu était né à Roubaix en 1878, il vint à Dunkerque en 1913, engagé par le Music Hall de la place d’Armes. Passée la grande tourmente, il allait accompagner les grandes vedettes de chez Mayol de 1924 à 1938, outre les nombreux arrangements qu’il créait pour des spectacles locaux, les airs de danse, les chansons, les marches qu’il composait, l’une de ses compositions restées les plus célèbres est la fameuse « Java des Chtimis » écrite en 1938 et que la plupart des accordéonistes de France et de Navarre allaient mettre à leur répertoire. Membre de la Société des Auteurs et Compositeurs de Musique depuis 1921, de la Société de Réproduction Mécanique depuis 1931, Albert Cousu avait reçu en 1939 la plaquette de bronze de membre définitif de la SACEM et en 1949 il en devenait pensionnaire […]. Outre sa participation à la musique de scène, Albert Cousu avait apporté le concours de son talent et de son inspiration au cinéma. Il était notamment l’auteur de la musique d’un grand documentaire qui a fait le tour du monde : « La vie et les travaux des frères Lumières » On lui doit aussi le premier arrangement airs du carnaval, l’indicatif d’une émission de radio de jadis « Bonjour Printemps ». Modeste et effacé, Albert Cousu a apporté à l’art musical une contribution dont ses propres concitoyens ne mesurent peut-être pas toute l’importance car chez cet homme la discrétion et l’amour de la musique allaient de pair, et pourtant ses œuvres étaient jouées en Belgique, en Suisse, en Pologne et même en Israël. Il y a quelques années Albert Cousu se remettaient encore de temps à autre au clavier et s’efforçait malgré son grand âge d’apporter le meilleur de son dévouement et de son expérience à ses jeunes amis de la société de Galas Record dont il était le vice-président. Mais les fatigues d’une longue carrière remplie pourtant de musique gaie ont eu raison de lui. A sa veuve, à ses enfants, petits enfants, nous adressons nos bien sincères condoléances.


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Albert Cousu est le fils de Victor, marchand épicier, et Martine Vandamme, domiciliés rue du Luxembourg à Roubaix.
Il obtient un 1er prix de clarinette en 1897 au conservatoire de musique de sa ville. Parallèlement il pratique le piano et se produit régulièrement lors de concerts et auditions dans la région roubaisienne. En 1900 on le cite comme directeur de la chorale du Club Moderne de Tourcoing. En mars 1908, lors de l'assemblée générale de Nord Touriste, c'est lui qui dirige l'orchestre de cette société. La même année, en août, la Fanfare Cycliste du Nord Touriste, dirigée par Albert Cousu se produit à Boulogne sur Mer. Elle comprend 45 exécutants qui jouent en roulant à bicyclette dans les rues de la ville, au programme un défilé-marche de la composition du chef, Le Recousu.
En octobre 1908 il épouse une musicienne lilloise, Julie Delesalle, lauréate du Conservatoire de Lille. Ils se produisent ensemble, elle au chant, lui au piano, donnent plusieurs concerts à Roubaix avant 1914. Un encart dans le Journal de Roubaix nous apprend qu'Albert Cousu tenait un café 135 rue de l'Epeule, il le cède devant notaire le 1er juin 1911.
C'est à cette époque, vers 1913, qu'il se produit avec une troupe de Music-Hall à l'Eden-Concert de la place d'Armes à Dunkerque. Entre temps il s'est séparé de Julie, car il épouse Léa Dinaut à Rosendael en 1921 dont il divorcera en 1930. Il se fixe à Dunkerque et intègre l'association musicale La Jeune France, chorale masculine dont il devient le pianiste accompagnateur. En 1937 il se produit avec les choristes dans une émission de Radio Normandie. Un orchestre, dirigé par M. Jonvel de Saint Pol sur Mer, interprète les danses d'autrefois, dont un "Quadrille Dunkerquois" sur un arrangement d'Albert Cousu. Est-ce le Quadrille composé par Henri Girard ? on ne le saura jamais, hélas, mais c'est fort probable, car cet arrangement était souvent joué avant 1914 dans les bals du carnaval.
Le 15 mai 1940 Albert Cousu part à Paris enregistrer un disque, sans doute pour son ami Félicien Ouvry, chef d'orchestre, roubaisien comme lui. Mais quand il veut retourner à Dunkerque le 20 il est trop tard. Après une errance de 60 heures en chemin de fer il retourne à Paris puis gagne Avignon où il était pianiste il y a 40 ans. Il y trouve un emploi de métallurgiste tout en continuant de prêter son concours aux tournées de bienfaisance, en accompagnant des chanteurs parisiens, dont le fameux Georgel. Il revient à Dunkerque en 1943.
En 1947 il dépose un arrangement des airs du carnaval de Dunkerque, dont le disque vient d'être édité par Pierre Lobert, l'électricien dunkerquois, avec les musiciens de l'orchestre de Edmond Bertein.

En 1949, à Dunkerque, il épouse Antonie Cucheval, une couturière de Watten, il décède dix ans plus tard. Son épouse le rejoint au cimetière de Dunkerque en mai 1961.

Christian Declerck
Sources : l'état civil, Le Journal de Roubaix, L'Avenir de Roubaix-Tourcoing, L'Egalité de Roubaix-Tourcoing, le Bulletin Officiel du Nord Touriste, Mémoires de l'Association Chorale La Jeune France volume 2, et documentation personnelle










Un catalogue de ses compositions :
merci à Christophe Plovier pour ses informations complémentaires

- Alberto, valse.
- La bataille des petits Cupidons, avec M. David (1950).
- La belle de java, java-mazurka (Al. Cousu – F. Ouvry)
- Le béguin, fox-trot.
- Cantalou, tango.
- Bonjour Printemps, one step.
- Café-crème et croissant (Désiré Noël - Albert Cousu).
- Carnaval dunkerquois (1947).
- C’est démodé, java chantée, paroles de Jilune, musique de A . Cousu et Ch. Lemeunier (1951).
- La chanson du carrefour, extraite du film Un siècle de Paris, musique de F. Ouvry et Albert Cousu (1943).
- La clairière, (Hostaléry - Albert Cousu)
- Comme ça, one-step.
- La danse des chaises (1937).
- Disclose, valse. 
- El presto, paso-doble.
- El puchero, paso-doble.
- Fajardo, mélodie espagnole.
- Felio, fox-trot.
- Flandria, marche.
- Fête à Pigalle, swing.
- Flotte mon cœur, fox (F. Ouvry - Al. Cousu).
- Gigolette, chanson réaliste (F. Lapierre & Hostaléry - A. Cousu). 
- Imppecable [sic], fox-trot.
- La java des chti-mis, (1938).
- Je lanc’ la mode, chanson, A. Cousu - A. Chinaglia  (1915).
- Je sais sourire, romance bouffe, à l’ami Montel, musique Aroldo Chinaglia, Albert Cousu, paroles William Jourdan, créée par Noël Delsson au Kursaal (1915).
- Ma berlouque, java.
- Ma bigleuse, java.
- Madrilena, one-step. 
- Mia Tyta, conga.
- Miss boulette (Henry / Lemeunier - Cousu).
- Miss mouche (Henry / Lemeunier - Cousu).
- Moi j'ai du tempérament (Claudine Ryka / Robert Djenny - Djenny / Cousu).
- Mon amant vagabond, fox, F. Ouvry - Al. Cousu.
- Montbolo, pas-doble.
- Mylajo, conga.
- Polissonnerie, one-step.
- Muguette, java.
- Para manana, tango.
- Près de moi mon amour, musique Robert Bremme, Albert Cousu.
- Pretty Bell, fox trot.
- Quadrille dunkerquois, arrgt A. Cousu (1937).
- Le Recousu, défilé-marche (1908)
- Rabbit, fox-trot.
- Radio Star, one step marche, créé par le célèbre accordéoniste Jean Vaissade, enregistré sur disque par l’orchestre jazz G. Ghestem, édt. A. Cousu, 7 place d’Armes Dunkerque.
- Robinson, paroles Maurice Lecomte, musique Albert Cousu, Charles Meunier.
- Roi des canards, Félicien Ouvry, Albert Cousu.
- Sport, fox-trot.
- Surprise à Grand-Millebrugghe, paroles de Vivette Flore, musique de Vivette Flore, arrgt d’A. Cousu, sd, auto édition.
- Le tango de Gaby.
- Tourbillon, valse.
- Trois petits mots, swing, Andrel - Cousu.
- Un songe, mélodie.
- Une preuve d’amour, fox-trot.
- La valse d'un beau soir (Noël - Albert Cousu).
Valse du Retour, paroles Janine Dewitte, musique Robert Bremme, Albert Cousu.
- Valse nocturne.
- Wave waltz, valse.
- Ziou Ziou, paroles Janine Dewitte, musique Robert Bremme, Albert Cousu.

Musique du film « Un siècle de Paris » de Maurice THÉRY (1942) avec Félicien OUVRY, édit. Salabert, Paris (1943) : Taxi vélo et Artisanat, La chanson du carrefour

Discographie : La belle de java (Sonor n° 128). Bonjour Printemps (Sonor n° 136 et Etoile musette n°119). C’est la java du faubourg, Félicien Ouvry* et Al Cousu, orchestre Etoile Musette dir. Jo Reno (1947). Fête à Pigalle (Etoile Musette n°119). Flotte mon cœur (Sonor n° 124). Mon amant vagabond (Sonor n° 124), Radio star (Sonor n° 122, Polydor Jap 515.004), Trois petits mots (Sonor n° 125).